À peine deux ans après l’entrée en vigueur de la dernière phase du Code de gestion des pesticides du Québec, Équiterre et la Fondation David Suzuki recommandent de le réformer afin de bannir tous les pesticides utilisés à des fins esthétiques au Québec. Les organismes écologistes souhaitent même étendre ses nouvelles mesures exemplaires à l'ensemble du pays.
Reconnaissant dans un rapport que l'application du Code s'avère une avancée dans la réduction des pesticides au Québec, le tandem veut pousser la démarche plus loin. Équiterre et la Fondation David Suzuki invitent le reste du Canada à s’en inspirer. Le Québec est la seule province à avoir mis en place une législation encadrant la vente et l’utilisation de pesticides.
«Néanmoins, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) du Québec aurait avantage à inverser l’approche du Code. Plutôt que d'interdire quelques ingrédients actifs, il devrait établir une liste énumérant les ingrédients permis. Les producteurs de pesticides devraient alors prouver que leur produit est autorisé. En plus de renforcer le règlement, ce changement faciliterait le travail des inspecteurs», soutient Sidney Ribaux, coordonnateur général d’Équiterre.
«Le Code de gestion des pesticides n’est pas parfait, mais a certes contribué à faire évoluer les habitudes de jardinage ainsi que la perception des pesticides au Québec. Par contre, les ressources allouées à son application sont insuffisantes. Pour l’instant, le MDDEP mise sur les plaintes des citoyens pour attraper les contrevenants», explique Lova Ramanitrarivo, chargée de projet en horticulture écologique chez Équiterre.
Le Code de gestion des pesticides interdit la vente et l’utilisation de 20 types d’ingrédients actifs, présents dans approximativement 200 produits, dont le célèbre pesticide pour gazon 2,4-D. Il est entré en vigueur en 2003 et la dernière phase de son application en 2006. On estime que les changements de comportement proviendront de la modification du concept de gazon parfait.
On peut consulter le rapport d'observation à:
www.equiterre.org