Les prix des maisons poursuivent leur ascension
Le marché de la revente a franchi de nouveaux sommets en termes de transactions et de prix en 2007, dans les deux grandes provinces du centre du pays, faisant ainsi mentir les prévisions plus conservatrices de début d'année comme le rapporte une étude économique du Mouvement Desjardins.
Au Québec, 80 338 reventes de propriétés existantes ont été enregistrées, soit une hausse de 10,8 % en regard de 2006, alors que les prix ont augmenté de 7,3 % pour atteindre 208 240 $ en moyenne. La situation est quasi similaire en Ontario, où les reventes ont progressé de 9,5 % l’an dernier, pour atteindre 213 379 transactions et la hausse de 7,6 % du prix moyen a porté celui-ci à 299 544 $.
«Défiant les pronostics établis, le marché de la revente a repris de la vigueur en 2007. En Ontario, les ventes ont rebondi après deux années de recul, de sorte que les augmentations de prix se sont accélérées. Au Québec, la hausse de 10,8 % des transactions a été la plus importante depuis 2001, ce qui a exercé davantage de pression sur les prix. Bien que les hausses annuelles de prix supérieures à 10 %, enregistrées au Québec de 2002 à 2004, soient chose du passé, la demande reste forte et la situation de pénurie persiste», explique Hélène Bégin, économiste senior chez Desjardins.
Selon cette dernière, ces statistiques sont rassurantes dans un contexte où les déboires du marché immobilier américain accaparent l'attention. De ce côté-ci de la frontière, la demande d’habitations reste solide puisqu’elle n’a pas été gonflée artificiellement par la multiplication des prêts à risque, comme aux États-Unis. Une certaine accalmie est toujours attendue en 2008 puisque l’achat d’une propriété se fait moins abordable.
«L’ascension des prix ainsi que les augmentations des taux d’intérêt hypothécaires survenues l’an dernier finiront bien par peser dans la balance. Bien que de légères baisses de taux hypothécaires soient prévues au cours des prochains mois, ils resteront supérieurs au niveau qui prévalait il y a un an. Les taux hypothécaires actuels de 7,15 % pour le terme d’un an et de 7,40 % pour le terme de cinq ans demeurent cependant loin d’un niveau qui ferait casser le marché», précise l'économiste.
Chez Desjardins, on demeure donc relativement optimiste. Même si un certain essoufflement de la revente se manifeste en 2008, la situation sera différente de celle qui prévaut au sud de la frontière. Alors que le marché affiche des surplus importants aux États-Unis, la pénurie persiste au Québec et en Ontario. Dans ces conditions, les hausses de prix devraient encore être supérieures à l’inflation, soit 4,5 % en Ontario et 3,5 % au Québec.
Une baisse généralisée des prix, semblable à celle en cours du côté américain, est donc écartée. Seule une détérioration importante du marché du travail ou une flambée des taux hypothécaires pourraient faire flancher le marché de la revente de ce côté-ci de la frontière.