OTTAWA - Un dispositif de contrôle à distance saisi lors d'une opération policière chez Momin Khawaja avait été fabriqué "sur mesure", et n'avait rien d'un article technologique standard produit en série, a déclaré un expert de la Gendarmerie royale du Canada dans son témoignage, mardi.
Au procès de Khawaja pour terrorisme, le sergent Sylvain Fiset a décrit en détail le dispositif, qui, selon les procureurs fédéraux, était censé servir dans un complot en vue de commettre des attentats à la bombe en Grande-Bretagne.
Il s'agissait essentiellement d'un assemblage de circuits électroniques pouvant former un codeur, émetteur, décodeur et récepteur. Certains éléments vendus dans le commerce en faisaient partie, mais ils avaient été modifiés, a dit le sergent.
Selon le policier, des parties de l'appareil étaient analogues à une série de diagrammes schématiques retrouvés sur des disques durs d'ordinateurs saisis par la GRC en mars 2004, dans la maison des parents de Khawaja, en banlieue d'Ottawa.
L'un de ces ordinateurs était situé dans le sous-sol, près d'un coin que Khawaja utilisait comme chambre. Mais des schémas du dispositif ont aussi été retrouvés sur deux ordinateurs dans la chambre du frère plus âgé de Momin, Qasim. Et les pièces mêmes de l'appareil étaient étalées sur une table de travail dans la chambre de l'aîné.
Qasim Khawaja n'est pas accusé. Momin Khawaja est sous le coup de sept accusations, dont celle d'avoir financé et aidé des activités terroristes. Mais l'allégation principale à son sujet est qu'il a construit un détonateur à distance à l'intention d'un groupe d'extrémistes islamistes, en Grande-Bretagne, qui comptaient faire sauter des installations - dont des services de gaz et d'électricité - à Londres et en banlieue.
Le plan a échoué grâce aux forces de police et de sécurité du Royaume-Uni, et cinq hommes ont été condamnés l'an dernier à la prison à perpétuité. Khawaja a plaidé non coupable aux accusations canadiennes.
Des éléments soumis en preuve plus tôt au procès, recueillis par les services de sécurité de Grande-Bretagne, indiquent que l'ingénieur informaticien d'Ottawa a discuté de technologie de contrôle à distance avec certains des autres comploteurs au cours d'une visite en Angleterre, en février 2004.
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