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Le Journal de l'Habitation
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Harper est assailli de toutes parts lors du premier débat des chefs

Presse Canadienne Article mis en ligne le 30 septembre 2008 à 23:00
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Harper est assailli de toutes parts lors du premier débat des chefs
Le chef du PND Leader Jack Layton, le chef liberal Stephane Dion, le chef du bloc Quebecois Gilles Duceppe, le chef du parti vert Elizabeth May et le chef conservateur Stephen Harper lors de leur debat en Ottawa, le 1 octobre, 2008. LA PRESSE CANADIENNE /Tom Hanson
OTTAWA - Economie, environnement, santé, politique internationale, tous les sujets classiques d'un débat des chefs ont été abordés lors du premier affrontement télévisé, mercredi, mais sous un grand thème central: une attaque en règle contre le chef conservateur.
A peine le débat entamé, Stephen Harper s'est retrouvé sur la défensive, attaqué de toutes parts par ses adversaires qui ont critiqué sans relâche ses politiques et positions.
Les déboires économiques que connaissent les Etats-Unis et qui se répercutent sur toute la planète ont lancé ce premier débat des chefs qui s'affrontaient en français. Rapidement, les quatre adversaires de M. Harper l'ont accusé de demeurer immobile face aux risques qui menacent l'économie canadienne.
Pendant plus de 30 minutes, le chef conservateur a répété comme il le fait depuis des semaines que l'économie canadienne possède des "bases solides" qui agissent en rempart. Conservant son calme et affichant un sourire crispé, M. Harper a insisté que la solution n'est pas celle proposée par les partis d'opposition qui suggèrent d'"augmenter les dépenses, augmenter les taxes, créer des nouvelles taxes, créer des déficits. A la fin, nous aurons une récession".
"Le grand défi, à mon avis, c'est de rester sur la bonne voie", a ajouté M. Harper.
C'était justement ce qu'attendaient les autres chefs pour l'accuser d'adopter l'approche de laisser-faire économique du gouvernement de George W. Bush, une image que pas un adversaire de M. Harper n'a oublié de lui accoler.
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a dès sa première intervention résumé ses premières semaines de campagne. Les électeurs devront choisir entre deux visions, "celle de Harper et celle du Québec", rappelant que le gouvernement Harper, par ses politiques, "est en rupture avec le Québec".
"Vous dites que tout va bien (...) Où est votre plan?", a pour sa part lâché le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jack Layton.
Le consortium des médias, qui produit les débats télévisés, avait apporté des changements de dernière minute à la demande des partis afin de faire plus de place à l'économie dans le débat, étant donné la situation actuelle.
Le chef libéral, Stéphane Dion, avait prévu le coup. D'entrée de jeu, plutôt que de répéter son message des derniers jours, M. Dion a promis que s'il formait le prochain gouvernement, il poserait des gestes précis dès les premiers 30 jours. Ainsi, il s'est engagé entre autres à rencontrer les agences réglementaires pour protéger l'épargne des Canadiens, et à présenter un énoncé économique pour aider le marché de l'emploi et le secteur manufacturier.
"Le risque économique, c'est vous", a lâché M. Dion au chef conservateur.
En point de presse, M. Harper a dénigré cette promesse de son adversaire. "Je pense que c'est un autre plan inventé en plein milieu de la campagne. Et c'est évident que M. Dion ne veut pas discuter de sa plateforme", a-t-il avancé.
Le thème de l'économie a aussi débordé sur le sujet de l'environnement, où là encore, M. Harper s'est retrouvé isolé devant ses vis-à-vis qui ont critiqué l'approche des conservateurs que tous jugent inadéquate.
"On perd notre temps à discuter du faux plan de M. Harper, a finalement lancé le chef libéral. Ce qu'il faut, c'est remplacer M. Harper. On a honte du Canada avec M. Harper."
L'air un peu tendu, les cinq chefs avaient fait leur entrée au Centre national des arts, à Ottawa, accueillis par des groupes de militants brandissant des pancartes aux multiples couleurs.
Pour la première fois, le Parti vert avait sa place lors de cet événement crucial de toute campagne électorale. La chef, Elizabeth May, malgré un français parfois un peu laborieux, n'a pas hésité à se lancer à l'eau pour attaquer M. Harper, n'hésitant pas à joindre sa voix à MM. Dion, Duceppe ou Layton pour contredire le chef conservateur.
De ses "franchement, c'est ridicule!" bien sentis, Mme May a réussi à quelques reprises à faire taire Stephen Harper, désarçonné devant ses arguments.
L'animateur Stéphan Bureau modérait ce premier débat de deux heures qui se déroulait autour d'une grande table ovale ornée d'une feuille d'érable rouge.
Que ce soit au sujet de la crise de listériose, du contrôle des armes à feu, de l'appui à la culture ou de la hausse du prix de l'essence, M. Harper s'est plus souvent qu'autrement retrouvé au centre de la tempête.
Il a eu droit à tout un sermon de Gilles Duceppe, visiblement irrité de la campagne lancée par les conservateurs sur les routes du Québec.
"De venir dire aux gens qu'un député du Bloc, ça ne sert à rien, c'est de l'argent perdu (...) C'est le même prix pour tous les députés, c'est ça la beauté de la démocratie. C'est assez honteux ce que votre parti à fait", a martelé M. Duceppe, poussant son adversaire à dire un faible "ce n'est pas vrai" pour se défendre.
Sur la crise de listériose, devant les accusations de ses adversaires qui ont avancé les critiques formulées dans le journal de l'Association médicale canadienne, M. Harper a rétorqué que l'auteur était un libéral.
Stéphane Dion et Elizabeth May l'ont aussitôt rabroué, l'accusant encore une fois de tout transformer en débat partisan.
Même Gilles Duceppe et Stéphane Dion avaient parfois l'air de connivence, tant leurs attaques semblaient synchronisées.
Seul les débats sur la santé et sur le retrait des troupes en Afghanistan ont permis de brefs échanges musclés entre MM. Dion, Layton et Duceppe.
Au terme de l'exercice, M. Harper a admis qu'il a "tenté d'avoir un peu de fun, c'est difficile quand c'est quatre contre un".
Le débat en anglais doit avoir lieu jeudi soir.
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