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Les exemples de gouvernements de coalition sont rares dans l'histoire du Canada

Presse Canadienne Article mis en ligne le 28 novembre 2008 à 0:00
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OTTAWA - La possibilité qu'un gouvernement de coalition se forme à la Chambre des communes a créé tout un remous ces derniers jours à Ottawa.
Pour éviter que son gouvernement soit renversé, le premier ministre Stephen Harper a repoussé d'une semaine la journée d'opposition des libéraux prévue à l'origine lundi.
Insatisfaite de l'énoncé économique présenté jeudi par le ministre des Finances, Jim Flaherty, l'opposition affirme qu'elle renversera le gouvernement. L'idée d'une coalition qui verrait les néo-démocrates obtenir des responsabilités importantes dans un cabinet libéral a été évoquée.
Devant une proposition de coalition, la gouverneure générale, Michaëlle Jean, se retrouvera en territoire inconnu, aucun autre gouvernement fédéral n'ayant été remplacé en de pareilles circonstances.
En 1985, en Ontario, le gouvernement conservateur minoritaire de Frank Miller a été défait très tôt au cours de son mandat. Le chef libéral David Peterson avait alors conclu une entente avec le chef néo-démocrate Bob Rae, qui avait promis de ne pas tenter de renverser le gouvernement libéral pendant deux ans.
Le lieutenant-gouverneur avait alors nommé M. Peterson premier ministre.
"Il est raisonnable de penser que le précédent établi en Ontario en 1985 doit être appliqué", a indiqué l'expert en questions constitutionnelles Ned Franks.
M. Franks a expliqué qu'un gouvernement minoritaire défait après une période raisonnable - bien que non définie - est normalement en droit de demander la dissolution du Parlement et le déclenchement d'élections. Un gouvernement défait après un mandat aussi court que celui actuellement au pouvoir n'a cependant pas automatiquement droit à de nouvelles élections.
Les gouvernements de coalition sont choses communes dans certains pays, où ils fonctionnent souvent bien. La chancelière allemande Angela Merkel, par exemple, réussit à diriger une coalition formée de chrétiens-démocrates et de sociaux-démocrates.
Grace Skogstadt, politologue à l'Université de Toronto, croit toutefois qu'il existe des différences marquées entre le Canada et les pays habitués aux gouvernements de coalition.
"A ces endroits, vous avez des systèmes de représentation proportionnelle et on s'attend à ce que (la coalition) soit une véritable possibilité, a-t-elle expliqué. Ces pays ont aussi de l'expérience avec ce genre de coalitions."
La seule coalition formelle à la Chambre des communes s'est formée lorsque le chef conservateur Robert Borden a persuadé environ la moitié de l'opposition libérale de se présenter sous la bannière unioniste lors de l'élection de 1917. Cette démarche ne visait à régler qu'une seule et unique question: la conscription.
Le gouvernement ontarien de 1985 n'était pas une véritable coalition, puisque le NPD n'avait obtenu aucun poste au cabinet.
"On m'a dit que les néo-démocrates ont senti, au terme de cette expérience avec les libéraux, qu'ils auraient dû en demander plus, qu'ils auraient dû demander quelques postes au cabinet, a raconté Ned Franks. C'est ce qu'ils feront cette fois-ci. C'est ce que je ferais si j'étais à leur place."
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