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Le Journal de l'Habitation
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L'opposition dénonce l'intention de Harper d'annuler la subvention des partis

Presse Canadienne Article mis en ligne le 27 novembre 2008 à 0:00
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OTTAWA - L'opposition accuse Stephen Harper de s'attaquer à la démocratie et même de vouloir s'installer en dictateur en planifiant annuler les subventions des partis politiques.
Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a confirmé jeudi dans son énoncé économique son intention d'abolir le montant de 1,95 $ accordé par l'Etat aux partis fédéraux par an pour chaque vote enregistré lors des élections, à partir du 1er avril 2009.
"Les Canadiens paient leurs propres factures, et certains d'entre eux ont de plus en plus de difficulté à le faire. Les partis politiques doivent aussi payer leurs propres factures, sans puiser à outrance dans les fonds publics", a-t-il insisté, dans son allocution à la Chambre des communes.
La mesure, si elle est adoptée aux Communes, coupera les vivres aux adversaires des conservateurs, puisque le financement du Nouveau Parti démocratique, du Bloc québécois, du Parti vert et même du Parti libéral du Canada dépendent principalement de ces subventions.
En outre, elle permettra au gouvernement d'économiser un maigre 27 millions $.
Le chef libéral Stéphane Dion a qualifié la mesure de "coup bas". Son parti pourrait être privé de 7,7 millions $ en subventions, ce qui représente pas moins de 63 pour cent des sommes amassées pendant toute l'année dernière.
"C'est plus qu'un manque de civisme. Je ne connais aucun autre leader dans le monde développé qui aurait fait une telle chose", a-t-il laissé tomber à la sortie d'un caucus spécial, jeudi midi.
Le porte-parole libéral en matière de Finances, John McCallum, a renchéri.
"C'est extrêmement machiavélique. Parce qu'on ne peut pas imaginer le président (Nicolas) Sarkozy, (Barack) Obama ou Gordon Brown dans une période de crise économique attaquer l'opposition" de la sorte, a-t-il soutenu.
L'ensemble des députés libéraux y voit une tentative de détourner l'attention des chiffres qui figurent dans la mise à jour économique et de l'absence de mesures pour stimuler l'économie.
Les autres partis d'opposition se sont eux aussi scandalisés de cette manoeuvre, dont le député néo-démocrate, Yvon Godin.
"Tout le monde sait son jeu. C'est une attaque à son opposition. Il veut être le dictateur du pays du Canada", a-t-il lancé.
Les bloquistes, quant à eux, rappellent que cette façon de financer les partis politiques est un héritage de René Lévesque, une manière de s'assurer que les élus ne doivent rien aux intérêts particuliers qui les financent.
Voulant se défendre d'agir pour nuire à l'opposition, le ministre fédéral de la Défense, Peter MacKay, a souligné que c'est son parti qui perdra le plus d'argent. On estime cette perte à quelque 10 millions $, mais cela ne représente que 37 pour cent de son financement, alors que les coffres du Parti conservateur débordent.
"C'est une démonstration que nous reconnaissons que des temps économiques difficiles s'en viennent. Conséquemment, nous devons tous faire des sacrifices", a-t-il soutenu.
Le financement public des partis fédéraux est un héritage de Jean Chrétien qui, en 2004, avait proposé ce mode de fonctionnement calqué sur le modèle québécois. M. Chrétien avait également plafonné les contributions des particuliers et des entreprises.
A l'époque, les alliancistes (ancêtres des conservateurs) de M. Harper s'étaient opposés à une telle réforme et n'avaient pas appuyé le projet de loi. Les conservateurs ont une méthode de financement largement basée sur les dons des particuliers.
En contrepartie, les libéraux, dont les coffres dépendaient majoritairement des gros donateurs, n'ont pas été en mesure de renouveler leur méthode de financement. La fin de la contribution de l'Etat pourrait leur faire très mal.
Mais comme les partis d'opposition ont d'une même voix signifié leur intention de ne pas voter en faveur de l'énoncé économique de M. Flaherty, brandissant ainsi le spectre d'une élection, l'abolition du financement public des partis pourrait bien ne jamais avoir lieu.
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