OTTAWA - L'aile québécoise du Parti libéral du Canada a proposé vendredi d'adopter une règle qui interdirait à tout candidat ayant une dette de briguer la direction du parti.
"Aucun candidat ne pourra participer à la course à la direction du PLC s'il a accumulé des dettes importantes à cause de la course au leadership de 2006", mentionne l'aile québécoise dans sa proposition faite au conseil exécutif du parti.
Cette règle écarterait Gerard Kennedy et Martha Hall Findlay, puisque chacun est endetté d'environ 200 000 $.
La proposition sera débattue au cours de la fin de semaine à Ottawa par le conseil exécutif du parti, a appris La Presse Canadienne. La date du congrès à la direction ainsi que les règles de la course et son financement seront déterminés par la même occasion.
Les partisans de M. Kennedy, de Mme Hall Findlay et des autres camps sont furieux contre Michael Ignatieff, qui jouit d'appuis importants au sein de l'aile québécoise. Les opposants à la motion prétendent qu'elle représente une barrière à la nomination d'autres candidats potentiels.
Le porte-parole de M. Ignatieff, John Delacourt, a refuté ces allégations en précisant qu'elles étaient "tirées par les cheveux".
"L'exécutif décidera pendant la fin de semaine. Ce ne sont que des propositions", a-t-il noté.
Une autre porte-parole de M. Ignatieff, Jill Fairbrother, a assuré en soirée vendredi qu'il ne s'était pas impliqué dans la rédaction de cette proposition et qu'il ne l'appuyait pas.
"M. Ignatieff n'endosserait jamais cette motion", a-t-elle répété.
En théorie, toutefois, la proposition pourrait également éliminer la candidature de Michael Ignatieff. Même s'il assure ne plus avoir de dettes, son dernier rapport financier à Election Canada soulignait qu'il lui restait encore 60 000 $ à rembourser.
"Il y a encore des libéraux qui considèrent le PLC comme un club privé où le chef devrait être sélectionné à pile ou face ou encore par l'élite", a pesté le porte-parole de Gerard Kennedy, Rob Silver.
M. Kennedy a terminé au quatrième rang de la course à la direction du Parti libéral du Canada en 2006. Il a joué un rôle important dans la victoire de Stéphane Dion en demandant à ses partisans de l'appuyer après son élimination.
Mme Hall Findlay, seule candidate à avoir brigué l'investiture de 2006 jusqu'à la fin, a précisé que "ces barrières artificielles" basées sur les capacités de financement des candidats n'auraient jamais permises à des femmes ou des candidats sous-estimés d'avoir une chance de remporter l'investiture libérale.
"Cette attitude n'aurait pas permise à Barack Obama de devenir le président-élu des Etats-Unis", a -t-elle souligné.
Bob Rae a précisé qu'il était en désaccord avec la motion, même s'il n'a aucune dette.
Le porte-parole de Dominic LeBlanc, un autre candidat potentiel, a dit de la recommandation qu'elle "pourrait faire obstacle à la pleine participation" des postulants.
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