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Le Journal de l'Habitation
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L'opposition se dit prête à renverser Harper sur son énoncé économique

Presse Canadienne Article mis en ligne le 27 novembre 2008 à 0:00
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OTTAWA - Quelques semaines à peine après l'élection d'un second gouvernement minoritaire, le Parlement fédéral se retrouve dans un nouveau drame politique relançant les scénarios d'élections hâtives.
Tant les libéraux, les bloquistes et les néo-démocrates ont annoncé, après avoir pris connaissance de l'énoncé économique du ministre des Finances Jim Flaherty, qu'ils n'appuieront pas le plan conservateur.
Le projet de loi en lien avec cet énoncé, qui sera présenté lundi, constituera néanmoins une question de confiance, a prévenu M. Flaherty.
Alors qu'à l'étranger les gouvernements s'affairent à trouver des solutions pour contrer le ralentissement économique, les trois partis d'opposition accusent les conservateurs de Stephen Harper de se croiser les bras.
L'énoncé de M. Flaherty prévoit couper dans les subventions aux partis politiques, limiter les salaires et suspendre le droit de grève des fonctionnaires jusqu'en 2011, entre autres. Mais c'est l'absence de mesures de stimulation de l'économie ou d'aide pour les secteurs en difficulté qui indigne l'opposition.
Le chef libéral Stéphane Dion a été le premier à annoncer ses couleurs, coupant court aux spéculations.
"Nous ne pouvons pas appuyer le plan que le ministre des Finances vient de présenter. Nous ne pouvons pas le faire parce que ce n'est pas un plan pour stimuler l'économie, c'est un plan pour cacher un déficit", a-t-il lancé.
Gilles Duceppe a quant à lui accusé les conservateurs de présenter un énoncé non pas économique, mais bien idéologique.
"Cet énoncé va très clairement à l'encontre des intérêts du Québec et nous allons nous y opposer catégoriquement", a déclaré le chef bloquiste.
Le même son de cloche émane du Nouveau Parti démocratique (NPD), qui dénonce les grandes faiblesses de la mise à jour économique de M. Flaherty.
Compte tenu de l'unanimité de l'opposition sur la question, le spectre d'une élection apparaît bel et bien réel car, puisque il est question de finances, il s'agira de vote de confiance. Le gouvernement minoritaire Harper a besoin de l'appui d'au moins un parti aux Communes pour faire adopter le projet de loi et éviter de précipiter le pays en élections.
Le stratège libéral Mark Dunn a prévenu que le caucus libéral sera présent en Chambre et votera contre l'énoncé d'un seul bloc. Par le passé, il est souvent arrivé que des députés libéraux s'absentent ou s'abstiennent lors de votes cruciaux pour éviter de faire tomber le gouvernement sur un projet de loi qu'ils désapprouvaient malgré tout. Ce ne sera pas le cas cette fois-ci, a-t-il confirmé.
Pour M. Dion, la balle est désormais dans le camp du chef conservateur.
"C'est à lui à voir ses options", a-t-il conclu.
Si M. Harper refusait de reculer, une coalition entre les partis d'opposition pourrait cependant émerger, ce qui aurait pour effet de renverser le pouvoir et d'éviter des élections.
Le porte-parole néo-démocrate en matière de Finances, Thomas Mulcair, l'a d'ailleurs bien souligné.
"Dans notre système constitutionnel, d'autres options sont sur la table si jamais un gouvernement perd la confiance du Parlement. Une élection est quelque chose qui arrive seulement lorsque ces autres options sont épuisées", a-t-il expliqué.
Il n'a cependant pas voulu confier si des discussions étaient actuellement en cours entre les partis d'opposition sur la possibilité de former une telle coalition.
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