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Le rapport du BST sur l'Acadien II laisse des questions sans réponses

Presse Canadienne Article mis en ligne le 26 novembre 2008 à 0:00
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Le rapport du BST sur l'Acadien II laisse des questions sans réponses
Le navire de la Garde côtière canadienne, le Sir William Alexander. LA PRESSE CANADIENNE /Andrew Vaughan
OTTAWA - Après avoir enquêté sur le naufrage de l'Acadien II, le Bureau de la sécurité des transports (BST) a formulé mercredi des recommandations pour diminuer les risques que de telles tragédies se reproduisent. Le rapport très attendu laisse toutefois les familles des quatre disparus sur leur faim.
Le petit bateau de pêche a chaviré dans la nuit du 29 mars dernier, alors qu'il était remorqué par un navire de la Garde côtière canadienne, le Sir William Alexander. Seuls deux des six marins ont survécu à l'accident.
Dans les jours qui ont suivi la tragédie, plusieurs ont accusé la Garde côtière d'avoir été négligente et d'avoir mal suivi les procédures. Le chasseur de phoques Wayne Dickson, témoin du naufrage, soutenait ainsi qu'aucun membre de l'équipage du brise-glace ne surveillait la manoeuvre.
Les experts du BST ont conclu au contraire que la Garde côtière avait bien fait son travail et qu'elle avait agi selon les règles de l'art. Selon eux, deux vigies étaient sur le pont du William Alexander pendant toute l'heure qu'a duré le remorquage.
Ils recommandent néanmoins au gouvernement de mettre au point de nouvelles pratiques de remorquage pour les petits bateaux de pêche dans des conditions hivernales.
Le BST souligne par ailleurs que l'Acadien II n'était pas bien équipé pour naviguer dans les eaux glacées du Golfe du Saint-Laurent. A leur avis, c'est le cas de nombreux petits bateaux participant à la chasse au phoque.
Les enquêteurs concluent donc que le ministère fédéral des Transports doit revoir son règlement pour s'assurer que toutes les embarcations naviguant dans les glaces aient une structure convenant à ce type d'environnement.
"Nous avons examiné tous les facteurs ayant mené à cet accident tragique. Nous avons regardé au-delà de ces facteurs et examiné les risques rencontrés quotidiennement par les bateaux de pêche du Canada", a déclaré le gestionnaire régional du bureau, le capitaine Pierre Murray.
"Les deux recommandations que le BST émet visent à assurer que les bateaux de pêche puissent naviguer dans les glaces et être de retour en toute sécurité", a-t-il ajouté, lors d'un point de presse à Halifax, en Nouvelle-Ecosse.
La nouvelle ministre fédérale de Pêches et Océans, Gail Shea, a promis de lire "attentivement" le rapport. Elle a en outre recommandé à la Garde côtière de l'analyser soigneusement.
De leur côté, les proches des marins disparus disent être restés sur leur faim, après avoir parcouru le document d'une vingtaine de pages.
Le maire des Iles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, a été jusqu'à dire que l'idée de renforcer les coques des bateaux de pêche était du "recyclage paresseux". D'après lui, la même recommandation avait été formulée suite au naufrage du Justin M, un navire de bois de Terre-Neuve qui a coulé sous la pression des glaces au cours de la saison 2005 de la chasse aux loups-marins.
Le député du Bloc québécois Raynald Blais trouve lui aussi le rapport "décevant". "Je pense beaucoup aux familles éprouvées qui aujourd'hui reçoivent les conclusions. On reste sur notre appétit. On a l'impression que l'enquête ne fait pas le tour complet de la question", a-t-il déclaré.
M. Blais s'est aussi dit déçu de la décision du BST de tenir sa conférence de presse à Halifax, plutôt qu'aux Iles-de-la-Madeleine.
Deux membres de l'équipe d'enquête ont rencontré les familles mercredi pour les mettre au courant des conclusions de l'enquête avant que les médias en prennent connaissance, mais M. Blais dit avoir dû se battre pour que les médias de l'archipel puissent poser des questions aux enquêteurs mercredi matin.
La Garde côtière s'est aussi penchée sur cette tragédie. Elle a confié à l'amiral Roger Girouard la responsabilité de faire la lumière sur l'affaire. Il doit normalement dévoiler ses conclusions vendredi.
Les familles espèrent que son rapport sera plus éclairant. D'après leur avocat, Denis Huet, il a déjà fait preuve de plus d'ouverture envers elles que le BST.
Un troisième rapport, préparé par le Commissaire aux langues officielles, est aussi en préparation. Des pêcheurs soutiennent en effet que la Garde côtière a du mal à répondre aux appels de détresse en français, même si la loi lui impose d'offrir des services bilingues.
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