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Le Journal de l'Habitation
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Benoît Pelletier confirme qu'il se retire de la vie politique

Presse Canadienne Article mis en ligne le 4 novembre 2008 à 0:00
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Benoît Pelletier confirme qu'il se retire de la vie politique
Le député libéral Benoît Pelletier et Jean Charest. LA PRESSE CANADIENNE / Clement Allard
QUEBEC - Le ministre libéral Benoît Pelletier tire sa révérence, convaincu d'avoir donné "le meilleur" de lui-même dans l'arène politique au cours des dix dernières années.
Député de la circonscription outaouaise de Chapleau depuis 1998, M. Pelletier a annoncé sa décision mardi en point de presse à l'Assemblée nationale, confirmant ce qui était un secret de Polichinelle.
"Je ne serai pas candidat à l'occasion de la prochaine élection au Québec. J'ai l'intention cependant de terminer mon mandat aussi longtemps qu'il durera", a lancé M. Pelletier, sourire en coin, annonçant son départ à 24 heures du déclenchement de l'élection.
Agé de 48 ans, détenteur de deux doctorats en droit, M. Pelletier retournera à l'Université d'Ottawa à titre de professeur titulaire à la faculté de droit.
Elu une première fois aux élections générales du 30 novembre 1998, puis réélu aux scrutins généraux de 2003 et 2007, Benoît Pelletier en est arrivé à la conclusion qu'il était temps de passer à autre chose.
"Ça va me permettre surtout de me rapprocher de ma famille, parce que cela fait déjà 10 ans que je suis en politique, avec une jeune famille et des enfants qui, je pense, ont bien hâte de me retrouver et de me connaître mieux", a expliqué le père de trois adolescents et d'une fillette de cinq ans.
M. Pelletier était l'un des députés les plus érudits du cabinet de Jean Charest. Il cumulait d'ailleurs, au moment de l'annonce de son départ, un nombre impressionnant de responsabilités: ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, des Affaires autochtones, de la Francophonie canadienne, de la Réforme des institutions démocratiques et de l'Accès à l'information, leader parlementaire adjoint du gouvernement, ministre responsable de la région de l'Outaouais et de la région du Nord-du-Québec.
M. Pelletier a assuré que sa décision d'accrocher les gants n'avait rien à voir avec un quelconque conflit de personnalité avec des collègues ou son chef. Il a aussi démenti la rumeur à l'effet qu'il était insatisfait de ses affectations et désirait être muté aux Relations internationales. Au contraire, il a dit partir avec sérénité.
"Je quitte avec la conviction d'avoir donné le meilleur de moi-même pour le Québec. Je quitte avec la conviction d'avoir défendu avec passion, avec détermination, avec ténacité aussi les intérêts du Québec et d'avoir travaillé avec acharnement pour un Québec plus fort à l'intérieur du Canada et dans le monde", a-t-il dit.
A titre de ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, M. Pelletier n'est pas parvenu à faire intégrer le Québec dans le giron constitutionnel canadien, mais il refuse d'y voir un échec personnel.
Pour expliquer le manque de volonté politique à rouvrir la Constitution, M. Pelletier utilisait fréquemment l'expression "le fruit n'est pas mûr".
Persuadé qu'il faudra bien un jour reprendre les négociations constitutionnelles, le ministre n'en demeure pas moins circonspect sur l'échéancier.
Le Québec, a-t-il souligné, ne peut se permettre de se lancer tête baissée dans des pourparlers au risque de subir une nouvelle rebuffade.
Cette prudence, il dit la partager avec le premier ministre Jean Charest.
"Jean Charest et moi, au niveau idéologique, il y a toujours eu une osmose. Et la prudence qu'il a en matière d'affaires constitutionnelles, je la partage. Comprenez-moi: je ne veux pas que le Québec subisse un autre échec", a-t-il insisté.
Du reste, ceux qui croient que le ministre Pelletier faisait du dossier constitutionnel une quête personnelle du Saint-Graal se trompent.
Jamais il n'a rêvé d'être considéré comme le "Père de la fédération moderne".
"Ca n'a jamais été le cas. Parce que je ne suis pas le ministre des Affaires constitutionnelles, je suis le ministre des Affaires intergouvernementales. Et on peut beaucoup faire progresser le Québec sur des bases non constitutionnelles. Le pouvoir fédéral de dépenser est un exemple, le déséquilibre fiscal en est un autre. Les ententes que nous avons signées, y compris celle sur l'UNESCO, en sont un (...) exemple", a dit M. Pelletier.
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