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Duceppe: le recul de Harper sur le financement des partis ne changera rien

Presse Canadienne Article mis en ligne le 29 novembre 2008 à 0:00
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MONTREAL - Malgré le recul de Stephen Harper sur sa proposition d'abolir le financement public des partis politiques fédéraux, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, ne change pas d'idée: son parti n'appuiera pas l'énoncé économique des conservateurs annoncé jeudi.
M. Duceppe a reproché, samedi, à l'énoncé du ministre des Finances, Jim Flaherty, de n'être rien de plus qu'un énoncé idéologique qui ne présente aucun plan pour faire face à la crise financière. Et le changement de cap du premier ministre ne changera rien à sa décision de ne pas appuyer le gouvernement à l'occasion du vote de confiance, le 8 décembre.
"Il (M. Harper) se trompe lourdement s'il croit qu'on va pour autant adopter son plan. Pour moi, il n'en est pas question. Il s'attaque aux droits des femmes, aux droits des syndicats, et il n'y a strictement rien de prévu dans l'énoncé économique en ce qui a trait aux secteurs manufacturier et forestier. Or, il y a un bris de confiance avec Stephen Harper", a déploré le chef bloquiste, en entrevue téléphonique à La Presse Canadienne.
"Il n'est pas question pour nous d'appuyer cet énoncé idéologique pour autant... ou devrais-je dire pour si peu!", a-t-il conclu.
Quant aux annonces supplémentaires que pourrait faire dimanche le gouvernement de M. Harper, M. Duceppe attend de les entendre, soulignant qu'à peine 24 heures plus tôt, le même premier ministre disait qu'il était hors de question de modifier le contenu de l'énoncé économique et qualifiait l'idée de remplacer le gouvernement renversé par une coalition d'"anti-démocratique".
Par ailleurs, le chef bloquiste a souligné qu'en 2004, M. Harper avait lui-même cosigné aux côtés de ses rivaux politiques d'alors et d'aujourd'hui, Gilles Duceppe et le chef du NPD, Jack Layton, une lettre évoquant le scénario qu'une coalition de l'opposition remplace le gouvernement minoritaire libéral de Paul Martin, dans l'éventualité d'un renversement.
"Ce n'est pas des blagues, vendredi le vertueux M. Harper disait que c'était impossible, incroyable (que de remplacer le gouvernement par une coalition). Bien franchement, ça n'a aucun sens, il se moque des gens", a affirmé le chef bloquiste.
En attendant le vote de confiance du 8 décembre, les représentants du Parti libéral du Canada (PLC), du Nouveau Parti démocratique (NPD) et du Bloc québécois demeurent en discussions, afin de décider des actions qu'ils prendront le moment venu.
M. Duceppe a indiqué que son parti voterait, comme il l'a toujours fait, en vertu du respect des valeurs et des intérêts du Québec.
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