Persuadée des qualités de la terre comme matériau de construction, la spécialiste du géobéton, Ginette Dupuy, préfère toutefois les blocs de terre comprimés pour le climat du Québec.
Mur en pisé de terre coffré : matériau idéal
La terre est l’un des plus vieux matériaux de construction sur la planète et l’un des plus répandus. «Aujourd’hui, en Australie, 20 % des nouvelles maisons sont construites en terre», affirme la spécialiste du géobéton, Ginette Dupuy, dans son nouveau livre «Habitat sain et écologique». On estime que 30 à 50 % des humains habitent une maison de terre.
Pour cette bachelière en architecture, la terre crue est le matériau idéal : abondant, abordable, acoustique, incombustible, solide, biodégradable, non polluant, facile d’entretien et peu énergivore. «L’usage de la terre épargne nos forêts, précise-t-elle, car elle peut servir à la fois de murs et de finition. Elle permet de réduire les coûts de chauffage et de climatisation en stockant l’énergie dans sa masse thermique, qui est deux fois plus élevée que celle du béton de ciment.
Le chauffage radiant est tout indiqué dans ce type de maison, car l’énergie rayonnante dégagée par la terre chauffe les corps et les objets, assurant un grand confort à une température d’air moins élevée. «La maison en terre forme un tandem merveilleux avec l’énergie solaire, qui est l’énergie de l’avenir», allègue Ginette Dupuy.
Par ailleurs, la terre est hygroscopique. À condition de ne pas les sceller, ses pores laissent passer la vapeur d’eau : elle équilibre donc constamment le degré d’humidité relative, éliminant les risques de condensation et de moisissures. «Elle emmagasine l’humidité quand il y en a trop dans l’air, et en redonne quand il n’y en a pas assez, ajoute-t-elle. Donc, l’air n’est jamais trop sec. En outre, grâce au tandem hygroscopicité et masse thermique, une maison en terre est toujours fraîche en été, ce qui évite l’achat d’un climatiseur.»
Sans être une panacée, Ginette Dupuy dit ne pas connaître de matériau moderne possédant toutes ces qualités. Pour le climat du Québec, elle préfère toutefois les blocs de terre comprimés dans une presse mécanique ou hydraulique. Ils sont fabriqués et séchés à l’abri des intempéries, il est facile d’en contrôler la qualité et de les faire poser au mortier par un maçon.
En 1999, Ginette Dupuy signait une étude publiée par la Société canadienne d’hypothèques et de logement : «Construction en blocs de terre comprimée». Il est possible de commander ce rapport gratuit en composant le 1-800-668-2642 ou en écrivant à chic@cmhc-schl.gc.ca
Collaboration spéciale André Fauteux, éditeur du magazine La Maison du 21e siècle. Information:
www.21esiecle.qc.ca
yao kouame pascal
Commentaire mis en ligne le 7 mai 2009la mise en oeuvre des ouvriers qualifies