Le président-directeur général de la Régie du bâtiment du Québec, Daniel Gilbert, était accompagné du ministre du Travail, David Whissell, lors du dévoilement de la nouvelle réglementation sur la qualification professionnelle des entrepreneurs et des constructeurs-propriétaires. Les changements apportés entreront en vigueur le 25 juin 2008.
Réglementation sur la qualification professionnelle actualisée
Adoptés au terme d’une vaste consultation auprès des associations de consommateurs et d’entrepreneurs, des modifications ont été apportées au Règlement sur la qualification professionnelle des entrepreneurs et des constructeurs-propriétaires, qui entrera en vigueur le 25 juin 2008. Les changements se traduiront notamment par une protection accrue du consommateur et une économie de plus de 11 M$ pour les quelque 35 000 détenteurs de licence au Québec.
«Cette nouvelle réglementation traduit la volonté du gouvernement et celle de la Régie d’accroître l’efficacité et la pertinence de son action en matière de qualification, en plus de répondre aux attentes de l’industrie, d’offrir aux consommateurs une protection accrue et surtout de valoriser l’expertise et les compétences des détenteurs de licence québécois», a précisé le ministre du Travail, David Whissell.
Le p.-d.g. de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ), Daniel Gilbert, a par ailleurs souligné que la qualification professionnelle a été revue en profondeur. On a révisé plusieurs aspects tels que la classification, l’évaluation des compétences, le cautionnement, de même que la durée de validité d’une licence. «Avant tout, il s’agit de mieux traduire les réalités actuelles et d’apporter des changements significatifs qui seront bénéfiques à tous», a-t-il indiqué.
Meilleure protection
Le cautionnement de licence constitue le changement le plus significatif introduit dans le nouveau règlement. En effet, tout entrepreneur de construction devra désormais fournir cette protection, soit une garantie d’indemnisation du consommateur. Celle-ci s'appliquera sur les préjudices en lien avec les acomptes versés, le non-parachèvement des travaux, ou les malfaçons et vices découverts dans l’année suivant la fin des travaux.
Jusqu’à maintenant, le cautionnement était limité à la fraude, à la malversation ou au détournement de fonds. Cette disposition s’est avérée peu efficace dans le passé, notamment parce que le fardeau de la preuve incombait au consommateur. Le cautionnement s'élèvera à 20 000 $ pour les 14 000 entrepreneurs généraux et à 10 000 $ pour les 21 000 entrepreneurs spécialisés, ce qui correspond aux sommes exigées ailleurs en Amérique du Nord.
Classification allégée et compétences resserrées
Le nombre de sous-catégories de licence a été ramené de 98 à 60, notamment pour faciliter la recherche par le consommateur de l’entrepreneur qui détient la compétence requise selon les travaux qu’il veut lui confier. De plus, la classification regroupe dorénavant certaines sous-catégories autorisant des travaux jugés à risques moins élevés pour la sécurité.
Aussi, tous les examens ont été revus et adaptés, selon les niveaux de risques, afin de permettre une validation plus serrée des compétences. Les critères d’évaluation ont été resserrés pour l’exécution de travaux jugés à risques plus élevés, comme ceux des charpentes de bois, alors que l’évaluation des compétences pour les travaux jugés à risques moins élevés, les travaux de peinture par exemple, sera allégée.
Enfin, la nouvelle réglementation comporte un autre changement majeur avec l’introduction d’une licence sans terme. Cette disposition constitue un allègement administratif significatif. En effet, alors qu’un renouvellement annuel était obligatoire jusqu’à présent, 80 % des licences étaient renouvelées sans qu’aucune modification ne s’avère nécessaire. Dorénavant, c’est une procédure simplifiée qui permettra au détenteur de maintenir annuellement sa licence.
Changements souhaités
Généralement, les ajustements apportés au Règlement sur la qualification professionnelle ont été bien accueillis par l'industrie. Pour le directeur général d’Option consommateurs, Michel Arnold, «il est clair que la protection du consommateur est intimement liée à une plus grande responsabilisation des entrepreneurs. À cet effet, l’introduction du cautionnement de licence constitue une amélioration notable, qui rendra les entrepreneurs encore plus imputables».
De son côté, le président de l’Association de la construction du Québec (ACQ), Gilbert Grimard, a rappelé que le nouveau règlement «présente une classification bonifiée qui reflète beaucoup mieux les spécialités et les technologies utilisées dans l'industrie. Également, ce nouveau règlement est susceptible d’engendrer des économies de temps pour les détenteurs de licence. Pour ces améliorations, l’Association ne peut que saluer la nouvelle réglementation».
Pour sa part, le p.-d.g. de l’Association provinciale des constructeurs d’habitations du Québec (APCHQ), Omer B. Rousseau, a insisté sur le fait que «le nouveau règlement réduit de manière importante le fardeau administratif des demandeurs et détenteurs de licence, tout en étant plus exigeant sur l’admissibilité, ce qui favorise une protection accrue pour le consommateur, notamment dans le secteur de la rénovation».