On récupère de plus en plus : une victoire réelle (2e de 2)?
Habiter sainement
Lors de ma dernière chronique, je vous faisais part du fait que le «premier R» des fameux «3 R», soit la réduction à la source, était le secret le mieux caché, le moins connu et le moins populaire. Pourtant, il s’agit sans aucun doute de l’origine de la plupart des dérèglements de la planète.
On achète un objet qui est fabriqué dans une usine avec son lot d’impacts environnementaux (pollution de l’air, produits toxiques, métaux dangereux, etc.). On assure son transport dans un suremballage de carton et de styromousse qui contribuent à éliminer la forêt et à réduire la couche d’ozone. On le fait voyager par le biais d’un camion qui émet énormément de gaz à effet de serre, etc. Si on avait tout simplement décidé de ne pas l’acheter, on aurait ainsi limité notre empreinte écologique sur nos ressources!
Au mois, on récupère! Du moins, il le semble (le terme est important) puisque les matières résiduelles récupérées ont augmenté entre 1994 et 2006 de 4,3 millions de tonnes métriques (voir la mise en garde dans ma dernière chronique). Pourtant, pendant ce temps, la quantité de matières résiduelles générées par les Québécois affichaient une hausse de 5,9 millions de tonnes métriques, soit 85 %. Alors, laquelle des données précédentes mérite toute notre attention?
«Les acteurs concernés par la production et la consommation responsables sont nombreux et les enjeux en cause sont complexes. Nos travaux ont permis de constater que les actions en matière d’encadrement gouvernemental ne sont pas suffisamment organisées pour favoriser une consommation et une production responsables. Cela atténue l’influence que l’État pourrait avoir sur la société québécoise, quant à la réduction à la source et à la conservation des ressources.»
Cet extrait du récent rapport du commissaire au développement durable, Harvey Mead, sur les résultats obtenus par la politique de développement durable québécoise est fort explicite et très éloquent. On ne sensibilise aucunement la population à réduire sa consommation, mais plutôt à récupérer autant que possible dans cette vie d’opulence. La principale différence se trouve là entre la personne réellement conscientisée qui veut prendre action et celle qui se contente de «suivre la mode». Réussir à agir sans attendre que nos élus nous aident, voilà la solution.
Simplicité volontaire
Le concept de simplicité volontaire en est un bon exemple. Au-delà du fameux mythe de l’écolo pauvre, se cache une belle façon de vivre qui refuse d’entrer dans le tourbillon de consommation. On devrait toujours se poser deux questions avant de consommer ou d’acheter un bien : «en ai-je vraiment besoin? » et « quels sont les impacts de ma décision?». Par exemple, si on veut changer son vélo, est-ce réellement nécessaire?
Fonctionne-t-il encore très bien? Quels sont les impacts de nos choix?
Quand on connaît les matériaux et les produits qui entrent dans sa fabrication et qui ne seront pas récupérés ou anéantis, on doit absolument revoir nos besoins réels. On peut redonner une seconde vie à des objets en changeant tout simplement leur présentation avec des idées peu dommageables pour notre planète. C’est un réflexe vital pour contrer les effets de notre consommation irréfléchie.
* (Collaboration spéciale Jean Provencher, président-fondateur du Carrefour TerraTerre, C.P. 1812, Saint-Rédempteur (Qc), G6K 1N6.) Information: jeanprovencher@terraterre.org ou
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