Je demeure toujours perplexe lorsque des gens tentent de me vendre une solution miracle. Peut-être est-ce mon âme de journaliste qui me le dicte, mais je considère habituellement les deux côtés de la médaille. Avouez que de se faire vendre, comme nous le proposait une récente publicité à la télévision, un produit qui réussit, une fois vaporisé, à faire disparaître toute tache ou tout problème sans rien avoir à faire, sauf éponger le liquide restant, est assez intrigant.
Le monde du commerce étant un univers de requins où la loi du plus fort s'applique, de nombreuses entreprises, peu scrupuleuses, se servent de la naïveté des gens (pour rester poli!) afin de leur vendre leur solution. Le domaine de l'environnement ne fait pas exception à la règle, puisqu'il faut aussi départager le bon blé de l'ivraie. Derrière des appellations comme biologique, naturel, sans CFC, écologique, et autres, se cache une chaîne des plus lucratives.
Comme consommateurs aux valeurs environnementales, nous devons faire des choix éclairés. Il est, par conséquent, très important de s'informer sur le produit ou la solution ciblé. Quels sont les ingrédients qui entrent dans sa fabrication? Quel impact a-t-il réellement sur l'environnement? Est-il recommandé par des organisations non commerciales? Prenez donc le temps de valider et de vérifier l'information. Lorsque vous serez assuré du bien-fondé de l'achat de ce produit, faites bénéficier les autres de vos recherches. Vous leur éviterez ainsi une longue quête en pleine jungle!
Combien de fois avons-nous pu lire sur une étiquette de jus de fruit, une information du type «fait avec du vrai jus»? Après avoir acheté le jus en question, soulageant ainsi notre conscience, nous avons été surpris de constater son goût très sucré. En lisant attentivement l'étiquette, nous avons remarqué que le sucre figurait — oh horreur! – au deuxième rang des ingrédients qui entraient dans sa composition. Fausse publicité, vous dites-vous? Pas tout à fait. Oui, le fabricant nous a bernés, mais son affirmation «fait avec du vrai jus» est bien réelle, puisqu'il a ajouté quelques cuillérées de vrai jus.
Saviez-vous, par exemple, qu'un produit peut se dire biologique seulement s'il contient au moins 95 % d'ingrédients biologiques? Pourtant, malgré tout, il peut contenir des pesticides ou autres éléments toxiques. Alors que le Canada refuse un étiquetage obligatoire, le Québec a mandaté des organismes pour certifier les produits biologiques.
Par ailleurs, saviez-vous que vos produits alimentaires peuvent contenir des OGM, sans qu'on vous l'indique? Le Canada et le Québec n'ont toujours pas légiféré en matière d'étiquetage obligatoire. Pourtant, un sondage Léger Marketing, réalisé au printemps 2007 révèle que 86 % des Québécois désirent l'étiquetage obligatoire des OGM, alors que les résultats s'élevaient à 76 % en 2004.
Vous voyez maintenant l'importance de jumeler la lecture des étiquettes à l'obtention d'une information complète et juste sur le produit.
* Collaboration spéciale Jean Provencher, président-fondateur du Carrefour TerraTerre, C.P. 1812, Saint-Rédempteur (Qc), G6K 1N6. Information: jeanprovencher@terraterre.org ou
www.terraterre.org