Annonces classées | Enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne
Transcontinental
Le Journal de l'Habitation
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Québec pousse l'installation de chauffe-eau solaires domestiques

Article mis en ligne le 16 avril 2008 à 11:09
Soyez le premier à commenter cet article
Québec pousse l'installation de chauffe-eau solaires domestiques
L'installation de panneaux solaires thermiques et photovoltaïques pouvant chauffer l'eau ou produire de l'électricité devraient se multiplier d'ici 10 ans au Québec. (Photo gracieuseté Drake)
Québec pousse l'installation de chauffe-eau solaires domestiques
L'aube se lève sur l'industrie du chauffe-eau solaire domestique. L'Agence de l'efficacité énergétique (AEE) du Québec souhaite favoriser l'installation de 1 000 chauffe-eau solaires d'ici octobre 2010.
«L'idée est de promouvoir l'industrie, notamment par de la formation, par des vitrines et de l'aide financière pour le consommateur», explique l'ingénieur Don Halme, responsable du dossier solaire et géothermique à l'Agence. L'AEE a répondu à un appel de propositions lancé l'été dernier par l'Office de l'efficacité énergétique (OEE) fédéral. L'appel portait sur un projet-pilote national de 9 M$ favorisant l'accessibilité de cette technologie pour les propriétaires de maisons de trois étages et moins.

«Nous voulons favoriser l'achat en grandes quantités et cherchons d'autres sources de financement dans l'espoir de faire baisser les prix des installations», explique Al Clark, gestionnaire du programme Écoénergie pour le chauffage renouvelable à l'OEE. Pour l'instant, le ministre fédéral des Ressources naturelles, Gary Lunn, n'a pas encore annoncé comment les 9 M$ seront répartis.

Actuellement, ces systèmes se vendent entre 5 500 $ et 7 500 $ et peuvent fournir 40 à 60 % de l'eau chaude requise annuellement par un ménage, précise Don Halme. Selon Hydro-Québec, une famille typique de quatre personnes consomme en moyenne 5 809 kilowattheures - quelque 407 $ avant taxes - d'eau chaude par année. Si, par exemple, un système solaire de 6 000 $ (sans subvention) permettait d'économiser 200 $ d'électricité par année, il générerait des profits après 30 ans.

Certains entrepreneurs ont déjà lancé une guerre de prix. «Notre système de 22 tubes sous vide, chacun d'une puissance de 76 watts, coûte 3 500 $ et fournit 85 % de l'eau chaude requise par une famille de quatre personnes», affirme Jean Pelletier, de la compagnie Sol-Air Québec, sur la base de son expérience personnelle. L'installation du système - typiquement avec des capteurs montés en toiture ainsi qu'un échangeur de chaleur et un réservoir de préchauffage au sous-sol - coûte 1 000 $ à 1 500 $.

«Environ 75 % des gens l'installent eux-mêmes», ajoute Jean Pelletier. Cet électronicien des Cantons-de-l'Est a été échaudé lors de l'autoconstruction de sa maison autosuffisante en énergie. «J'ai perdu 40 000 $ en équipements solaires que j'ai vendus à perte à cause de mauvais conseils d'entrepreneurs incompétents, dit-il. Je me suis lancé dans ce domaine pour éliminer les parasites du marché.»
Retard à combler
Le Québec accuse un retard à combler dans le domaine, selon le président de l'association Énergie Solaire Québec, Benoît Perron. En effet, l'Ontario et la Colombie-Britannique ont déjà annoncé un objectif provincial respectif de 100 000 toitures dotées de panneaux solaires thermiques et photovoltaïques pouvant chauffer l'eau ou produire de l'électricité. L'Ontario offre 500 $ à l'achat d'un chauffe-eau solaire, montant qui s'ajoute aux 500 $ offerts par l'OEE aux gens qui commandent une évaluation énergétique (programme Rénoclimat au Québec).
Benoit Perron espère que le gouvernement paiera au moins 25 % du coût des systèmes et qu'Énergie Solaire Québec sera partenaire des deux paliers de gouvernement dans cette initiative. «Ça correspond au boulot de sensibilisation que nous faisons sur le terrain depuis 1983. Nous sommes les seuls à faire le pont entre les entreprises et le consommateur, et à publier un répertoire des intervenants. Or, nous sommes sous la tente d'oxygène depuis que Québec a coupé notre subvention en 2003, et que l'OEE n'a pas renouvelé son aide en 2007.»

Don Halme explique que le montant des subventions devrait diminuer progressivement, jusqu'à ce que les prix chutent suffisamment pour que l'industrie puisse voler de ses propres ailes. Ce dernier ajoute qu'un suivi serré sera essentiel pour éviter que l'État ne paie pour des systèmes non installés. Des inspections seront prévues dans le programme à préciser dans un proche avenir.

Informations: www.aee.gouv.qc.ca; www.esq.qc.ca; www.ecoaction.gc.ca
Collaboration spéciale André Fauteux, éditeur du magazine La Maison du 21e siècle. Information: www.21esiecle.qc.ca

Chroniqueurs

Liens