Le vieillissement de la population, la formation de couples plus âgés et la rareté des terrains favorisera une plus grande densification du territoire, soit par des propriétés unifamiliales à étages, ou encore par des complexes de copropriétés.
Le marché de la construction est en pleine mutation
L'évolution démographique influence directement le type de demande
Lors de la conférence annuelle de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), tenue l'automne dernier à Québec, l'économiste régional Kevin J. Hughes a fait part des transformations qui bouleversent présentement le marché de l’habitation. Économie, immigration et disponibilité des terrains sont au cœur des éléments qui influencent l'accession à la propriété.
«La croissance économique s’accélère un peu, ce qui fait que les conjonctures sont plus favorables qu’auparavant pour les acheteurs. Au niveau de l’emploi, par exemple, le taux de chômage, qui était de 8 % en 2006, a baissé à 6,9 %, en 2007, selon les données recueillies en octobre.»
Pour la région métropolitaine de recensement de Québec (RMR), on note qu’entre les recensements de 2001 et de 2006, le nombre des ménages est passé de 296 485 à 316 650, soit une hausse de 7 %, plaçant ainsi la région de Québec au cinquième rang parmi les six RMR de la province. On remarque également que pour la RMR de Québec, cette croissance du nombre des ménages provient uniquement du groupe des 45 ans et plus, ce qui explique l’augmentation de la demande pour des maisons individuelles haut de gamme au cours des dernières années. Enfin, la SCHL relève que malgré la progression des ménages plus rapide en périphérie, c’est les villes de Québec et Lévis qu’a choisies la majorité des nouveaux ménages pour s’y établir, depuis 2001.
Bilan migratoire stable à court terme
Pour ce qui est du bilan migratoire à l’échelle du Québec, M. Hughes affirme qu’après les sommets de 2003 et 2004, on a essuyé un certain recul en 2005 et en 2006. Aussi, on prévoit qu’à court terme, le bilan migratoire ne va pas remonter. Pour les deux premiers trimestres de 2006, le nombre de migrations internationales était de 22 366, comparativement à -6 135, au Québec. Pour la même période de 2007, les migrations internationales étaient de 23 013, comparativement à -8 788, au Québec.»
Dans la RMR de Québec, la SCHL constate que notre région a attiré des ménages en provenance principalement du Saguenay-Lac-Saint-Jean, du Bas-Saint-Laurent et de la Côte-Nord. En revanche, la RMR de Québec manque de souffle lorsque vient le temps d’attirer les immigrants. Seulement 5 % d’entre eux ont choisi notre région comme terre d’accueil entre 1996 et 2005. Fait troublant à souligner : seulement 50 % d’entre eux habitaient encore à Québec en 2007.
Terrains de plus en plus rares
Autre sujet de préoccupation pour les intervenants du marché : la rareté des terrains. Cette pénurie a eu pour conséquence de faire monter rapidement leur valeur au cours des dernières années, entraînant des répercussions sur le marché dans son ensemble.
À titre d’exemple, depuis le 2e semestre de 2005, le prix des terrains a augmenté rapidement et a même fait un bond de 14 % en 2006. Depuis 2007, la flambée se poursuit puisqu’on enregistre une hausse mensuelle de 7 % des prix des terrains. Cette ruée vers les sommets rend les habitations moins abordables, surtout dans les quartiers centraux. Alors que 22 % des maisons individuelles bâties sur la Rive-Nord se trouvaient en périphérie, pour les neuf premiers mois de 2007, cette proportion est aujourd’hui passée à 39 %.