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Le Journal de l'Habitation
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Développer tout en préservant les paysages du Québec

par Karine Desbiens
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Article mis en ligne le 7 décembre 2007 à 9:20
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Développer tout en préservant les paysages du Québec
L'aménagement a remporté le Prix du patrimoine 2005 décerné par le Conseil de la culture des régions de la Capitale et de Chaudière-Appalaches.
Développer tout en préservant les paysages du Québec
Les paysages font partie de beaucoup d’enjeux actuels. En outre, on n’a qu’à penser au projet Rabaska ou aux éoliennes. Parmi toutes les questions qu’ils soulèvent, un constat demeure: ils se transforment certes, mais sont loin d’être maîtrisés estime Chantal Prud’homme, architecte paysagiste venue présentée une conférence en marge de l’exposition «Habiter: les œuvres d’Isabelle Hayeur», au Musée national des beaux-arts du Québec.
Mme Prud’Homme - qui compte une trentaine d’années d’expérience dans le domaine de l’architecture de paysage - croit que bien des projets sont lancés à la hâte. Malheureusement, plusieurs d’entre eux sont mal adaptés au paysage. Selon elle, il manque de réflexion en amont. «Il faut préserver la qualité du lien culturel pour mieux ancrer le sentiment d’appartenance des gens qui vivent et contribuer à leur qualité», défend comme point de vue l’architecte paysagiste.
Signature paysagère à préserver
Mme Prud’Homme réfléchit aussi sur l’avenir des campagnes qui seront de plus en plus attrayantes d’ici cinq ans. En effet, un sondage effectué par la Société d’habitation du Québec montre que 35 % des propriétaires choisiront une résidence à la campagne contre 24 % à la banlieue. Là où le problème se pose selon cette architecte, c'est que le modèle des villes déteint sur les campagnes. Cela «gruge» l’identité de ces dernières.
«Je ne suis pas contre l’urbanisation, il s'agit d'un mode qui répond à une demande sociale. Mais je crois que nous devons plutôt nuancer notre manière d'habiter le territoire et trouver des solutions plus cohérentes avec les qualités du paysage et les signatures du paysage des différentes régions, villes et villages», souligne-t-elle comme élément de solution.
Réflexions et corrections nécessaires
Mme Prud’Homme estime que la ville de Québec peut servir de modèle. «Québec a la chance d’avoir accès à des équipes de professionnelles qui réfléchissent sur la qualité des paysages et qui font des actions pour cette qualité. En revanche, dans le reste du Québec, il y a très peu de moyens qui sont à la disposition des petites municipalités», remarque-t-elle.
«D’ici les 20 prochaines années, si des réflexions ne sont faites et des corrections apportées, lors de projets collectifs et individuels, on risque de perdre la personnalité qui caractérise le Québec. Notre mode d’occupation continuera de s’américaniser», croit Chantal Prud’Homme.

Le paysage est un sujet de préoccupation dans d’autres pays. En Europe, 28 gouvernements sont signataires de la Convention européenne du paysage adoptée en 2000. Elle permet d’assurer la qualité des paysages ruraux et urbains. La conférencière a conclu son exposé en se demandant si le Québec est un cancre concernant la protection de ses paysages. Si on se compare à ce qui se fait ailleurs, on serait tenté de répondre oui.

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