Les fondateurs ou membres du conseil d’administration actuel de la FROHQC. En haut, dans l’ordre habituel: Marie-Claude Bélanger (Habitations adaptées de Bellechasse), Claude Maurice (Les Résidences Caecitas), Roger Barbeau (Les Résidences Curé-Lapierre inc.), François Savard (Un toit en réserve), Claude Émond (Corporation d’habitation Giffard), Armand St-Laurent (Action-Habitation de Québec inc.). À l’avant: Pauline Mercier (L’Oasis de Saint-Damien), Chantal Ouellet (Société Action-Chambreurs de Québec), Deny Lépine (Maison des aînés de Saint-Alban), Diane Thibault (Mères et Monde), Jacques Asselin (L’Oasis Saint-Odile).
Dix ans de solidarité en habitation communautaire pour la FROHQC)
Créée en 1997, la Fédération régionale des OBNL en habitation de Québec / Chaudière-Appalaches (FROHQC) vient de célébrer ses dix ans d’existence. Pour la directrice générale de l’organisme, Odile Bourdages, cet événement souligne une décennie de solidarité en matière d’habitation.
«En 1997, des organismes à but non lucratif (ONBL) en habitation ont décidé de mettre leurs forces vives en commun afin de se doter de regroupements d’achats, de formations et de processus d’information et, ce dans les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches. Depuis ses tout débuts, la FROHQC est venue en aide à plusieurs ménages à modestes et faibles revenus et, au moment où on se parle, le regroupement comprend 160 organismes qui permettent à 6 000 ménages de bénéficier de cette formule offrant des loyers à coûts accessibles dans des logements sécuritaires et décents.»
Les principaux bénéficiaires des OBNL d’habitation de Québec / Chaudière-Appalaches sont les personnes âgées (46,9%), suivie des femmes (8,9%), des personnes handicapées (8,3%), des personnes souffrant de maladies mentales (7%), des familles (6,9%), des jeunes (4,8%), des personnes seules (4,1%), des toxicomanes (4,1%).
«L’habitation communautaire regroupe des entreprises sans but lucratif qui se distinguent des gouvernements, qui sont sous formes de propriétés collectives et dont la mission est d’abord sociale avant d’être commerciale.
La région de la Capitale-Nationale compte 104 OBNL d’habitation comprenant 3 794 logements et région Chaudière-Appalaches regroupe 56 OBNL d’habitation pour 1 125 logements.»
Femmes, personnes âgées et à revenus modestes
Les femmes comptent pour 68% des bénéficiaires d’OBNL d’habitation et les personnes de 76 ans et plus représentent 46% de cette clientèle. «Les 55 à 75 ans comptent sont présents à 24%, les 36 à 55 ans, 18%, les 19 à 35 ans (9%) et les 0 à 18 ans, 3%.»
Pour ce qui est du revenu moyen des personnes logées dans des OBNL, il est modeste puisque 57% d’entre elles gagnent entre 10 001$ et 20 000$ et 26% gagnent moins de 10 000$. «Vous comprendrez qu’avec de tels revenus, il est difficile de trouver des logements décents. Au chapitre du financement, une partie du coût du logement est défrayé par le locataire, 50% par l’État et le milieu (la Ville de Québec, notamment) contribue également.»
Immense reconnaissance
Mme Bourdages nourrit une profonde reconnaissance pour les gens qui administrent bénévolement ces OBNL d’habitation. «Sur les régions que nous desservons, les administrateurs sont des centaines à accomplir, de façon régulière, des décisions qui permettent aux ménages de se loger décemment. Ils ne comptent pas les heures passées à trouver des solutions aux problèmes quotidiens et ont le souci d’enjoliver les habitations et de les conserver dans des conditions qui permettent à chaque locataire de s’épanouir pleinement.
Les habitations à but non lucratif sont administrées par des bénévoles de la communauté et des résidants locataires. Cette mixité de direction assure une relation constante entre les locataires et leur communauté. Certains promoteurs immobiliers nous considèrent comme des concurrents, mais ce n’est pas le cas. La raison d’être des OBNL d’habitation, c’est de permettre à des gens à faibles et modestes revenus de se loger dans des conditions acceptables, vivre dans des lieux salubres où ils peuvent vivre en harmonie avec leur milieu.
Le logement communautaire ne dilue pas la force de notre économie. Bien au contraire! C’est, à mon avis, un formidable levier économique. Saviez-vous qu’au Québec, les OBNL d’habitation génèrent des revenus annuels de 200M$? C’est la preuve que les entreprises d’économie sociale ont leur place dans notre société. En offrant une meilleure qualité de vie à nos citoyens, on évite certains coûts sociaux inhérents à la détresse humaine. Se loger décemment ne doit pas être considéré comme un privilège car tout le monde a droit de vivre dans la dignité», conclut Odile Bourdages.