Les experts recommandent de faire nettoyer les conduits de ventilation à tous les trois ans pour une qualité d'air optimale.
Savoir quand il faut nettoyer les conduits de ventilation
En général, le nettoyage régulier des conduits de chauffage et ventilation n’est «probablement pas justifié dans la plupart des cas», selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Une étude récente a démontré que sauf exception, ce nettoyage ne réduit pas les concentrations de poussières dans l’air intérieur, ni les coûts de chauffage, et n’améliore pas le débit de l’air.
Toutefois, la SCHL affirme qu’un nettoyage régulier est parfois justifié:
• «Si vous êtes aux prises avec un problème d'infiltration d'eau dans vos conduits, des moisissures pourraient se développer dans ces derniers. Le cas échéant, vous devez d'abord résoudre le problème d'infiltration d'eau, puis nettoyer et désinfecter les conduits où la moisissure s'est développée. Faites ensuite nettoyer l'ensemble du réseau de conduits. Dans certains cas, il pourrait être nécessaire ou plus économique de simplement remplacer les sections touchées.
• «Si vous emménagez dans une maison neuve ou rénovée et que vous doutez des soins apportés par les ouvriers. La poussière de plâtre, les morceaux de fibre de verre et la sciure n'ont pas leur place dans les conduits. Leur nettoyage permettra parfois de repérer des objets aussi inusités que des emballages ou des canettes de boisson gazeuse, qui y seront tombés ou qu'on y aura jetés.
• Il a été démontré que le nettoyage des éléments du générateur d'air chaud et du climatiseur (par exemple, le ventilateur de soufflage et l’échangeur de chaleur du générateur d'air chaud, le serpentin du climatiseur et l'humidificateur) pouvait faire une certaine différence dans le débit d'air des conduits.»
Observations
La SCHL a constaté que les conduits de reprise d’air sont généralement beaucoup plus sales que les conduits d'alimentation. «Vous devriez être en mesure d'accomplir une grande partie du travail de nettoyage du conduit de reprise au moyen d'un aspirateur domestique, une fois que vous aurez retiré la grille du registre.»
La SCHL recommande de faire affaire avec un entrepreneur membre d’une association professionnelle. Et elle déconseille de l’autoriser à pulvériser des biocides dans l’ensemble du réseau pour tuer les bactéries et moisissures résiduelles.
Retirer le ventilateur
Michel Sylvestre, dont l’entreprise Mada-Vac nettoie des conduits en Outaouais depuis 22 ans, affirme que les incompétents pullulent dans son industrie. «Si le travail est mal fait, la poussière délogée, mais non enlevée complètement, sera projetée dans la maison.» Celui-ci est régulièrement référé par une multinationale du mazout. «En 23 ans de métier, à moins d’un bris, je n’ai jamais vu personne retirer systématiquement les ventilateurs de fournaise et d’échangeurs d’air pour les nettoyer ainsi que l’intérieur des appareils comme nous le faisons.»
Son autre compagnie, Ventilation Conceptech, commercialise un nouveau système à trois étapes (succion, pulsion et friction). Celui-ci nettoie avec des «prédateurs à tentacules» et une buse rotative qui injecte de l’air comprimé à une pression de 200 livres au pouce cube. De plus, il a inventé un aspirateur qui maintient sa puissance de succion (pression statique) grâce à des moteurs et turbines séparés des filtreurs. Au lieu de colmater ceux-ci, la poussière tombe majoritairement dans une grosse boîte à poussières.
Par ailleurs, l’appareil est doté d’un filtre à poche en huit sections indépendantes et de trois filtres HEPA (High Efficiency Particulate Arrestor) étalés sur trois façades de la boîte à poussière. Ceci évite de projeter les poussières dans l’air intérieur lorsque l’aspirateur ne peut travailler de l’extérieur de la maison.
M. Sylvestre recommande un nettoyage aux trois ans, pour aider les asthmatiques à mieux respirer et le systme de chauffage et climatisation à fonctionner de façon optimale. «À la longue, la poussière qui s’accumule sur un serpentin humide peut brûler le compresseur d’un climatiseur», dit-il. Et au lieu des biocides chimiques, il préconise la décontamination avec de l’huile essentielle de Melaleuca.
* (Collaboration spéciale André Fauteux, éditeur du magazine La Maison du 21e siècle)