La rénovation maintient le rythme dans l'industrie de la construction résidentielle. Parmi les travaux les plus fréquents et les plus favorables à la prise de valeur de la propriété, on retrouve toujours en tête ceux à la cuisine ainsi qu'à la salle de bain.
La progression des dépenses en rénovation se maintient
Dans ses prévisions économiques 2006-2007, l'Association provinciale des constructeurs d'habitations du Québec (APCHQ) avait prévu un certain recul des mises en chantiers résidentielles vers des niveaux qui, à long terme, correspondront davantage à la croissance annuelle des ménages. En contrepartie, elle entrevoyait plusieurs facteurs favorables à une croissance continue des dépenses liées à la rénovation. Or, il semble que ces réalités se concrétisent.
Ainsi, malgré des conditions monétaires assez favorables d'un point de vue historique, la construction résidentielle a amorcé un repli qui devrait se poursuivre à un rythme plus modéré au cours des prochaines années. «Le nombre élevé de mises en chantier ces dernières années, la croissance des prix des logements neufs et le regain du marché de la revente ont contribué et contribueront encore à calmer la demande d'habitations neuves. On peut donc parler d'une correction plutôt cyclique qui ne peut être attribuée à une conjoncture économique difficile ou à de mauvaises conditions monétaires», précise-t-on à l'APCHQ.
Cela n'empêchera pas le marché de la rénovation résidentielle de poursuivre sa progression vers des sommets. Il devrait même se hisser en tête comme principale composante des investissements et dépenses liés à l'habitation. Ainsi, l'APCHQ estimait pour 2006 les dépenses de rénovation et d'entretien à quelque 10,8 G$, soit une hausse de 8 % par rapport à 2005. Pour l'année 2007, les dépenses de rénovation devraient croître au rythme de 6 % pour atteindre les 11,4 G$. Selon les analyses économiques, «le vieillissement du parc de logements, la modification des caractéristiques des ménages (âge, taille et revenus), ainsi que le haut volume de transactions sur le marché de la revente contribuent à soutenir le secteur de la rénovation au Québec.»
Environnement stimulant
À l'aube d'une réflexion sur la productivité de l'industrie de la construction et avec une nouvelle convention collective négociée, les perspectives à moyen terme ne semblent pas inquiéter l'APCHQ. Celle-ci s'empresse néanmoins d'interpeller le gouvernement provincial pour qu'il maintienne un environnement stimulant pour les entrepreneurs. «Il importe que le gouvernement aille de l'avant avec l'élaboration d'une véritable politique de l'habitation et d'accession à la propriété et, par le fait même, qu'il ajuste les paramètres de son programme de remboursement partiel de taxes afin de ne plus pénaliser les acheteurs de maisons neuves», concluent les constructeurs.