Pendant que le président des États-Unis, Barack Obama, fait rejaillir les honneurs sur son pays en recevant ces jours-ci la distinction du Prix Nobel de la Paix 2009, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, cultive le discrédit et l'opprobre du monde entier en méritant le Prix Fossile du Réseau action climat, pour son entêtement à jouer à l'autruche avec les dommages confirmés du réchauffement climatique sur la planète. À l'heure où s'ouvre la conférence de Copenhague, nos politiciens fédéraux comptent parmi les rares à refuser de reconnaître l'urgence de conclure un nouvel accord international sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Lorsque les députés Conservateurs de la région de Québec déplorent la mauvaise image que les médias véhiculent d'eux, ils devraient regarder dans leur propre cour. Ce n'est pas toujours par acharnement si les bons coups se font rapidement ensevelir sous les écarts de conduite ou l'inaction du gouvernement fédéral. Ainsi, cette semaine, notre plus beau pays au monde se retrouve sur la sellette mondiale pour son manque de courage à faire sa part dans la réduction de la pollution. Les députés locaux au pouvoir à Ottawa devraient s'efforcer de mieux transmettre l'état d'esprit du Québec et de tout l'est du pays aux dirigeants de leur parti, car des mesures favorisant l'efficacité énergétique existent et s'avèrent même profitables.
De plus, les Conservateurs n'ont qu'eux à blâmer si leur popularité connaît une baisse auprès des électeurs. Ceux-ci veulent de l'action et n'avaleront sûrement pas l'excuse facile du gouvernement minoritaire. Surtout que, dans le dossier du climat, tous les autres partis en chambre sont favorables à des engagements sérieux du Canada. Les Canadiens ont également leur fierté et ce n'est pas en se faisant pointer du doigt et en devenant la risée du monde civilisé qu'ils vont se sentir honorés du comportement de leurs élus.
À cet égard, le Prix Fossile, décerné cette semaine par le Réseau action climat (RAC), n'a rien pour redorer notre blason. Cette importante coalition regroupe pas moins de 400 organisations environnementales à travers le globe. En remettant son prix citron à l'ouverture de la conférence des Nations unies sur le climat, amorcée lundi à Copenhague, au Danemark, le RAC dit avoir choisi le Canada «parce qu'il est reconnu et craint pour son inébranlable engagement à ne rien faire et à maintenir son attitude de blocage dans les négociations devant permettre de trouver un successeur au protocole de Kyoto», comme le rapportait lesaffaires.com
Le RAC a rappelé que depuis qu'il a annoncé son objectif de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 3 % sous les niveaux de 1990, le gouvernement Harper a constamment refusé d'adopter toute loi ou règlement pour confirmer ces efforts. En particulier, dans le secteur des sables bitumineux, dont les émissions ne cessent de croître. En refusant de sauter dans le train et d'assumer ses responsabilités environnementales, le Canada voit son étoile pâlir. La récente visite de Greenpeace en a témoigné alors qu'il a déroulé ses banderoles sur l'édifice du Parlement à Ottawa. Ce n'est pas le genre de promotion que souhaitent les Canadiens, qui seront nombreux à juger le refus du gouvernement de se mettre au diapason des autres pays industrialisés en ce début de XXIe siècle. Car, ne l'oublions pas, l'industrie des énergies vertes est porteuse de potentiel inexploité. Il serait irresponsable de bouder ses emplois d'avenir...
Canada, le cancre en environnement
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