Propriété de la compagnie pharmaceutique GlaxoSmithKline (GSK), cet édifice de 2 700 m2 sur deux étages est situé juste en face des laboratoires de l’entreprise où l’on fabrique des vaccins pour le monde entier. Depuis juin 2011, quelque 150 employés y travaillent dans des espaces fonctionnels et confortables. Comme l’explique André-Pierre Ghys, responsable de cette construction pour GSK, la compagnie voulait un bâtiment «vert» innovant, alliant une structure de bois à une grande efficacité énergétique, procurant un environnement de travail optimum et se démarquant sur le plan esthétique.
Remarquable
Tout dans cet édifice est remarquable. La façade principale (côté sud), par exemple, est constituée d’un grand rideau de verre double peau (deux parois distantes de 1 m) muni d’un système de pare-soleil, qui contribue au confort et à l’économie d’énergie. Les deux extrémités recourbées de la toiture se prolongent vers le sol en écrans solaires (grillage métallique) et, comme une aile d’avion, l’élévation en pente douce d’un bout du bâtiment procure à la toiture un effet de portance qui accélère la vélocité du vent, favorisant le dégagement de la neige. Mais cette élévation d’une extrémité s’avère surtout une façon d’assurer la climatisation naturelle de l’édifice par une circulation contrôlée de l’air.
À l’intérieur, le plus saisissant est certainement ce vaste atrium dans lequel on se trouve, sitôt franchi le seuil. Surplombé par une grande mezzanine, cet espace est ouvert sur toute la hauteur de l’édifice. Le bois omniprésent y compose un décor somptueux baignant dans la lumière du jour.
Les aires de travail ne comptent aucun bureau fermé. Les employés s’y côtoient dans un espace ouvert, installés à de longues tables. Pour s’isoler, ils peuvent aller dans l’une des douze « bulles » (salles de travail closes) aménagées à cette fin, auxquelles s’ajoutent salles de réunion et de conférence. Tous les espaces de travail et de détente bénéficient de la lumière naturelle et offrent une vue sur l’extérieur. Un système de chauffage-climatisation géothermique, à planchers radiants et à poutrelles de refroidissement suspendues, sans air pulsé, assure le confort des occupants, tout en offrant un gain énergétique de 53 % par rapport à un appareillage traditionnel.
Complexe
La charpente du bâtiment elle-même est impressionnante. Faite d’un assemblage complexe de poutres et colonnes en bois lamellé-collé Nordic Lam, certifié FSC, elle présente des formes et des dimensions variées. Les colonnes les plus spectaculaires, dans l’atrium et le long de la façade sud, ont une forme cylindrique à diamètre variable – plus grosses au centre qu’aux extrémités.
Le long de la façade, les colonnes sont inclinées à 45º et appuyées en «A», tandis que, dans la section haute, elles s’aboutent pour former de grands «X» bien visibles de l’extérieur à travers le mur de verre. Pour assurer la courbure du toit, certaines poutres rectangulaires de dimensions imposantes (137 x 457 mm) présentent une forme arquée, s’incurvant dans un sens puis dans l’autre. Quant aux poutres principales, elles sont encore plus volumineuses, avec des proportions de 184 x 502 mm.
Dans le haut de l’atrium, une ferme tridimensionnelle apparente est constituée de treize pièces cylindriques qui s’entrecroisent dans l’espace. L’une de ses connexions relie pas moins de huit pièces au même point. Outre la charpente, l’utilisation du lamellé-collé comprend des platelages apparents pour la structure du toit et les planchers. Au-delà de 500 m3 de bois ont été utilisés, note Jean-Claude Beaudry, le représentant de Nordic bois d’ingénierie, pour qui ce chantier est l’un des plus techniques que son entreprise ait réalisé.
Écologique
Avec toutes les mesures d’économie d’énergie introduites dans la construction, la dépense énergétique totale du bâtiment représente un gain de l’ordre de 55 % par rapport au bâtiment de référence du Code modèle national de l’énergie pour les bâtiments. Quant à la protection incendie, l’ensemble de la charpente fournit une résistance au feu de 45 minutes, comme l’exige le Code du bâtiment.
En attente d’une certification LEED-Or, le projet a été carboneutre pendant sa réalisation, comme le sera l’édifice tout au long de son utilisation, et ce, en bonne partie grâce au choix du bois. Ce matériau a permis de séquestrer 460 tonnes de CO2, alors que l’ensemble de la construction a généré des émissions de 545 tonnes. Le déficit de moins de 100 tonnes doit être compensé par l’achat de crédits sur le marché international du carbone.
«Pour un investissement de 11 millions de dollars, témoigne André-Pierre Ghys, nous nous sommes donné un magnifique bâtiment en bois qui présente un bel équilibre entre l’esthétique, les performances écologiques et un environnement de travail optimal. Nous en sommes très fiers.»
Pour plus d'information : www.cecobois.com
(Source : Cecobois - magazine CONSTRUIRE EN BOIS Volume 4, numéro 1, hiver 2012)