Dès l'automne 2013, une usine de traitement des déchets organiques devrait voir le jour. Ce projet nécessitant des investissements de 57 M$ – dont 16,5 M$ du fédéral et 17,7 M$ du provincial – devrait permettre à la Ville de Québec de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 3,8 %.
Jusqu'en 2015, le traitement des matières organiques devrait toucher jusqu'à 70% des 235 000 portes de Québec, puisque certains ajustements seraient nécessaires pour les immeubles de plus de six logements. L'enfouissement de la matière organique devra être banni progressivement d'ici 2020.
Quelques ficelles restent cependant à attacher, soit le site de l'usine et l'entreprise mandatée pour sa construction. «On est en train d'évaluer les options. L'usine sera construite et opérée par le secteur privé, mais la Ville de Québec en sera propriétaire», informe le maire de Québec, Régis Labeaume.
Chaque année, l'usine pourra traiter 85 000 tonnes de matière organique. Il en coûtera 52$ par tonne, soit le même montant à verser pour envoyer pareille quantité vers le chemin de l'incinérateur.
Mais la différence réside dans le fait que la technologie de biométhanisation transforme les matières résiduelles organiques en biogaz, une énergie verte pouvant remplacer les énergies fossiles, soit comme biocarburant pour les véhicules ou biocombustibles pour le chauffage.
Cette technologie pourrait notamment faire fonctionner chaque année 150 autobus du Réseau de transport de la Capitale (RTC) pendant cinq ans. «On a eu nos premières discussions avec le RTC», souligne M. Labeaume.
La transformation des résidus organiques va générer aussi 30 000 tonnes de compost, pouvant être utilisé entre autres dans les aménagements paysagers gérés par la Ville de Québec.
L'usine de traitement des matières organiques devrait créer plus de 450 emplois. «C'est la fin du gaspillage des matières organiques et du gaspillage d'emplois. On pourra aussi diminuer notre dépendance aux hydrocarbures», affirme la ministre de l'Environnement, Line Beauchamp.
«C'est un projet plus sain et plus vert, en respect de l'environnement qui cadre dans le Fonds pour l'infrastructure verte (FIV), par l'entremise du Plan d'action économique du Canada», a commenté la ministre des Affaires intergouvernementales Josée Verner.
Sam Hamad, ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale et ministre de l'Emploi, a illustré Québec comme le «village gaulois qui a résisté à la crise économique». «Je suis convaincu que ce projet sera une deuxième signature pour la région de Québec», a-t-il affirmé.
Selon Alexandre Turgeon, directeur général du Conseil régional en environnement (CRE)- Capitale nationale, Québec ne fait que rattraper son retard. «Selon la politique de l'Environnement, on prévoyait que ce serait déjà en place en 2008. Ce que je déplore dans ce programme, c'est qu'on place les immeubles de six logements et plus dans une seconde zone. Mais la technologie choisie pour traiter les matières putrescibles est la meilleure», commente-t-il.
