Pour l'agronome réputée Lili Michaud, il existe essentiellement trois règles de base pour se convertir au jardinage écologique. Elle les explique comme suit:
1) Avoir un sol plein de vie«Le sol, c’est la base de tout», insiste l'agronome qui a initié plusieurs initiatives de culture et de compostage à Québec. «En jardinage écologique, il ne faut pas avoir peur de jouer dans la terre. Ce n’est pas le pouce vert qu’il faut avoir, mais les doigts bruns», lance celle qui est aussi auteure de deux livres : «Le jardinage éconologique» et «Tout sur le compost».
Un sol en santé se reconnaît, entre autres, par la présence de vers de terre. Or, la nourriture par excellence de ces derniers demeure les résidus verts propices au compost. «Si vous le faites vous-même, c’est encore mieux. Car, un vrai jardinier écolo recycle la matière organique qu’il produit et contrôle la qualité du produit fini» affirme Mme Michaud, qui, par son métier, enseigne les pratiques respectueuses de l’environnement.
D’autres pratiques, comme l’utilisation de paillis organique, permettront également de nourrir la plante. Paillis de cèdre, paillis d’écailles de cacaos, feuilles déchiquetées, rognures de gazon, etc. constituent autant de couches de matière organique qu’on dispose avantageusement à la base des plantes et des arbres.
Dans la pratique du jardinage écologique, il faut penser diversité. La monoculture n’est pas souhaitable. D’après l’agronome, «avoir une variété de plantes et d’arbustes amène de bonnes bibittes et par le fait même un contrôle naturel des envahisseurs indésirables.»
Lili Michaud met aussi en garde contre les choix émotifs. Trouver une plante belle ne veut pas dire qu’elle soit nécessairement adaptée aux conditions du sol et d’ensoleillement. «Une plante mal adaptée aux conditions ou une autre réputée vulnérable à un insecte ravageur risque d’entraîner l’utilisation des méthodes artificielles pour la maintenir en vie», déplore l’agronome.
3) Changer ses critères de beautéOubliez également les pelouses de type «verts de golf», car elles sont très vulnérables puisqu’il s’agit essentiellement d’une monoculture. «Si vous aimez moins les pissenlits, il y a moyen de les contrôler en les arrachant manuellement, conseille cette passionnée d’horticulture écologique. De plus, des soins appropriés (tonte, fertilisation, aération, semis, etc.) ont comme objectif d’obtenir une pelouse saine, vigoureuse et dense qui laisse peut de place aux mauvaises herbes et aux insectes nuisibles», poursuit-elle.
En terminant, rappelons que le jardinage écologique est une approche qui se veut limitée en intervention. Lorsqu'un problème se présente, il faut d’abord se demander qui est le coupable, soit en se documentant, soit en se dirigeant vers des spécialistes. Si on doit intervenir, on essaie de trouver des méthodes physiques. En dernier recours, l’utilisation de pesticides à faible impact sur l’environnement, comme les savons insecticides, pourrait être envisageable.
Pour plus d’informations sur l’agronome, auteure et conférencière Lili Michaud et ses conseils, visitez le site : www.lilimichaud.com
