Les trois jeunes entrepreneurs-architectes de Tergos, Alejandro Montero, Geneviève Mainguy et Yann Grenier (ce dernier a participé au projet de Les compagnons du Rebut global, un documentaire qui a été diffusé à Télé Québec) font partie de cette nouvelle génération d’entrepreneurs qui fait l’apologie du développement durable.
Tergos — jeu de mots signifiant, en grec et en latin, terre en mouvement (terra) et ergonomie (ergos) — est une entreprise d’écodesign et d’écoconstruction. Elle reprend le concept de l’habitat repensé, mais de façon intelligente : un savoir-faire se traduisant au travers de l’écodesign où les concepteurs sont appelés à créer à la fois avec différents types d’environnement (climat, topologie, etc.), à privilégier les matières locales et à construire avec des matériaux sains, naturels, recyclés ou recyclables.
Le bureau de cette entreprise verte de Québec correspond à ce que les trois associés prêchent. L’endroit ressemble à un lieu ordinaire: ordinateurs, dossiers, crayons, bureaux, chaises… pourtant, celui qui regarde plus loin que le bout de son nez se rendra compte qu’il n’en est pas un comme les autres.
Des portes en passant par le plancher, les luminaires ou la table à dessin, les trois associés ont réfléchi et choisi «intelligemment» en ce qui concerne l’ameublement. Même les boîtes de conserve sont réutilisées et servent maintenant de porte-crayon! «On conserve les traces du passé, on les respecte, mais on n’entre pas dans le mimétisme. On aime créer des contrastes entre le contemporain et le traditionnel», précise Alejandro Montero.
Une maison faite en… van?!«On a le potentiel en tant qu’être humain de se bâtir un monde merveilleux, pas juste des boîtes en carton et en métal, mais faire des trucs qu’on retrouve dans les bandes dessinées», explique l’architecte de 36 ans, Alejandro.
Un des projets des trois associés qui mérite une attention est situé à Notre-Dame-des-Laurentides. «Le client voulait refaire le design de sa maison avec tous les matériaux qu’il avait accumulés chez lui. Il avait, notamment, plusieurs camions désuets dans sa cour et nous avons eu le déclic de bâtir avec les camions et de les intégrer à l’agrandissement. Nous avons décousu le camion, enlevé les murs et coupé les planchers. Sur les planchers, on a bâti des murs bien isolés et mis le revêtement des camions en façade», raconte Alejandro encore enflammé devant de ce projet.
Attention aux faux prophètes!L’avenir de l’ecodesign et l’ecoconstruction à Québec est prometteur pour d’autres concepteurs-constructeurs qui décideraient de se lancer dans cette aventure. Soyons honnête, il manque encore d’éducation dans notre société. On risque de rencontrer plein de faux prophètes.
Dans le domaine de l’éducation à Québec, on peut citer le parc industriel Saint-Malo, en septembre dernier, on y ouvrait une quincaillerie verte proposant des matériaux recyclés et neufs qui répondent aux critères écologiques. Comme quoi l’idée «d’habitat durable » sort de la théorie pour s’intégrer tranquillement dans les pratiques! Plus d'information à: www.tergos.qc.ca * (Collaboration spéciale Karine Desbiens)