Depuis août dernier, 20 équipes pluridisciplinaires sélectionnées à travers le Canada s'affairent à établir les plans détaillés de leur projet de maison nette zéro. L'initiative de la SCHL n'est encore qu'à l'état théorique, mais les premières maisons témoins devraient faire leur apparition dès l'été prochain. «Quand on parle de la maison nette zéro, les gens pensent qu'il s'agit d'un défi trop ambitieux, mais le but est justement de changer les mentalités en prouvant que c'est faisable», explique Jacqueline Meunier de la SCHL.
Plusieurs technologies saines et alternatives ont fait leurs preuves individuellement en habitation, mais l'initiative de la SCHL cherche à les regrouper au sein d'un seul et unique bâtiment. «Un des principaux buts de la maison nette zéro est de réduire l'impact de l'habitation sur l'environnement, explique Mme Meunier. Et ça, c'est possible grâce à une conception mieux planifiée de la maison.»
La MSCENZ se caractérise donc par une conception solaire passive et éconergétique hautement performante qui intègre des installations à énergie renouvelable telle que le chauffage géothermique ou les panneaux solaires photovoltaïques. L'économie et la réutilisation de l'eau ainsi qu'une enveloppe extérieure étanche sont également des caractères distinctifs de la maison nette zéro. De plus, bien qu'elle soit reliée au réseau électrique public, elle ne devrait jamais retirer plus d'énergie qu'elle n'en fournit elle-même.
La SCHL ne cache pas le but ultime de cette expérience: créer une norme nette zéro... pour 2030. «On l'a vu avec Novoclimat, changer les façons de faire d'une industrie ça prend du temps, entre 10 et 20 ans généralement», note Mme Meunier. Le rôle de la SCHL est de stimuler l'industrie de l'habitation à s'orienter vers la nette zéro.
«L'industrie est très compétitive et elle mise beaucoup sur le prix d'achat pour séduire les consommateurs. Nous, on voudrait que le coût d'exploitation devienne un facteur majeur dans la décision du consommateur et on force dans ce sens-là», affirme Mme Meunier. Non seulement la maison nette zéro devra-t-elle produire autant d'énergie qu'elle n'en consomme, mais elle devra également être offerte à un prix abordable.
Les Maisons Alouette«Construire une maison nette zéro c'est certainement plus facile qu'on ne le pense, mais la construire à un prix concurrentiel c'est beaucoup plus ambitieux», estime Bradley Berneche, président des Maisons Alouette, une entreprise de maisons pré-usinées située en Estrie qui participe à l'initiative de la MSCENZ. Pour réaliser cet objectif elle s'est entourée de divers partenaires dont Hydro-Québec et l'Université de Concordia.
«Notre entreprise a toujours été avant-gardiste dans le domaine éconergétique car nous croyons que c'est l'avenir, précise M. Berneche. En participant à cette initiative, on s'assure de maintenir notre avance tout en apprenant davantage sur les nouvelles technologies.»
Mme Meunier de la SCHL croit également au caractère formateur de l'expérience. «Si, suite à l'évaluation des maisons, on se rend compte qu'elles n'atteignent pas le but ultime de la nette zéro, nous auront tout de même appris énormément sur ce nouveau type d'habitation», conclut-elle.