À moins de trois ans de l'échéance annoncée pour décembre 2012, il vaut la peine de s'attarder au sombre pronostic de fin du monde en lien avec l'achèvement du calendrier Maya. Après tout, si on se fie au film catastrophe portant le même chiffre en guise de titre, chaque être vivant de notre planète se trouve concerné sinon consterné. Tout dépend de quel côté on aborde le problème, soit : les fatalistes ou les réalistes. Une chose est sûre, il est fascinant de constater à quel point l'humain aime avoir peur. Cette attitude semble faire partie des us et coutumes de chaque civilisation, à chacune des grandes époques au cours des 5 000 dernières années.
Attendue à chaque fin de siècle, puis au tournant de l'an 2000, voilà que l'apocalypse surviendrait au terme du calendrier Maya qui s'arrête sur la date du 21e jour du 12e mois de l'an 2012. Question de rassurer les plus craintifs, une conférence fort pertinente a été présentée l'automne dernier au Collège François-Xavier-Garneau. L'activité pour le moins éclairante était organisée par le département de philosophie de l'établissement, en collaboration avec l'organisme de vulgarisation scientifique Cosmagora. Devant un auditorium bondé de jeunes inquiets pour leur court avenir, le communicateur spécialisé en astronomie Sébastien Gauthier a littéralement taillé en pièces les arguments funestes évoqués par des auteurs alarmistes qui appuient leurs prétentions sur des brides de légendes et des demi-vérités choisies.
Il appert que notre besoin de craindre l'infini et l'inaccessible, nous amène à envisager que la fin des temps doit nécessairement se produire de notre vivant. Que d'égoïsme et d'esprit mesquin, comme pour se convaincre que le monde ne nous survivra pas. Quoi qu'il en soit, on peut oublier l'éruption d'un supervolcan ou l'impact d'un astéroïde en décembre 2012. Selon Sébastien Gauthier et plusieurs scientifiques, pareils cataclysmes peuvent survenir n'importe quand, mais pas précisément en raison de l'épuisement du calendrier Maya le 21-12-2012. Le dynamique collaborateur de l'Agence spatiale canadienne a coupé court aux suppositions en alléguant que le fameux calendrier Maya, réputé pour ses comptes longs et précis appelés bactun, va simplement passer du 12e au 13e bactun et se perpétuer.
Bref, à l'instar de notre calendrier 2009 qui s'achève au 31 décembre, sans que rien se produise si ce n'est le pop d'une bouteille de champagne, il est aussitôt suivi du calendrier 2010 qui s'amorce au 1er janvier. Et, ce n'est pas parce qu'il n'y a rien derrière la page de décembre 2010, qu'il n'y aura pas un début d'année 2011. D'autant plus, insiste Sébastien Gauthier, que les Mayas qui n'ont pas la réputation d'être de ténébreux cachotiers n'ont rien annoncé pour le 21 décembre 2012. Pas plus que Nostradamus. Pour ce qui est de l'alignement des astres, cela ne signifie rien sur le plan astronomique. D'autant que des alignements plus précis que celui du 21-12-2012 se sont déjà produits dans le passé, sans que l'humanité soit menacée. Quant à l'inversion des pôles, cela demeure un phénomène imperceptible, même pour un grain de sable, et qui n'a rien à voir avec une quelconque modification de l'axe de rotation de la Terre.
Avis donc aux plus pingres, mieux vaut ne pas miser sur une exemption des emplettes des fêtes, car Noël 2012 finira bien par arriver. Reste que le plus grand danger pour la vie sur Terre demeure l'impact de l'Homme par sa pollution éhontée de la planète qui le supporte depuis tant d'années…
Fin du monde improbable en 2012
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