Avec la fin du cabotage sur le Saint-Laurent, le port de Québec s'est vidé, laissant des dizaines d'entrepôts désaffectés pendant que ses bureaux d'affaires autrefois prestigieux ont migré vers la haute-ville ou les nouveaux édifices de Sainte-Foy. Puis, dans les années 1970, Saint-Roch est tombé à son tour au profit des centres commerciaux de banlieue, au point où le quartier fut surnommé «plywood city». Québec Mer et Monde a lamentablement foiré, la création d'entreprises était au point zéro et les Nordiques ont quitté. Bon!
Les grandes gueules de la radio et la plume acerbe des scribes ont vite fait de profiter de cette période creuse pour attaquer inlassablement tout ce qui bougeait à Québec. Plusieurs personnalités de prestige refusaient les propositions d'assumer un leadership politique ou socio-économique de peur de se voir lapider par des propos offensants tant au niveau de leur engagement que personnellement. Non seulement les médias de la capitale se nourrissaient-ils de ce climat malsain, mais ils l'entretenaient sans vergogne.
Fort heureusement, on a fini par se secouer et ne plus entendre le hurlement des charognards. On a redressé la tête et Québec a développé une vision et un plan stratégique clair pour son développement économique. Depuis 15 ans, la donne a changé. Québec affiche un taux de chômage qui frise le plein-emploi. Québec est reconnue comme la meilleure ville au pays pour faire des affaires. Québec est une des destinations américaines les plus en évidence autour du globe. Bref, le ciel s'éclaircit.
Le dernier sondage Léger Marketing mené pour Québec Hebdo et rendu public le 13 janvier dernier dans notre cahier spécial Vision 2007 vient renforcer cette nouvelle perception et clore le bec à ceux qui aimeraient bien continuer à se faire oiseaux de malheur et entretenir la morosité sur la ville. Difficile d'interpréter autrement les réponses au sondage. Rappelons d'abord que l'enquête a été menée auprès d'un échantillonnage exceptionnel de 3 150 Québécois dont 350 à Québec et autant dans Chaudière-Appalaches. Ce qui lui confère une mince marge d'erreur de 1,7%.
AppréciationToujours selon le sondage, à Québec, 90% des gens aiment leur travail et 92% aiment leur vie. Quand on aime son travail et qu'on apprécie sa vie, on est certes peu accablé par la tristesse. Signe de confiance en soi, 65% des gens de Québec s'estiment autant ou plus compétents que leur patron et 59% pensent qu'ils pourraient être mieux payés pour leur travail. Ce type de réponses aux sondeurs exprime clairement le sentiment d'être en mesure d'assumer des fonctions plus importantes et démontre la bonne opinion qu'on a de soi. Par ailleurs, un sentiment de sécurité habite notre population puisque 82% des répondants affirment qu'ils ne craignent pas de perdre leur emploi. Léger Marketing illustre on ne peut plus clairement qu'à Québec les gens sont personnellement dans des dispositions fort positives, qui n'ont rien à voir avec le climat qui régnait encore voilà 15 ans.
De plus, le sondage révèle que 83% des Québécois sont satisfaits du climat économique actuel et 84% croient que la situation demeurera la même ou s'améliorera encore en 2007. Non seulement Léger Marketing vient-il abattre le mythe de la morosité régionale, mais un sondage local mené par Axiome Marketing pour le compte de la Chambre de commerce de Québec auprès de plus de 200 membres de ce regroupement de gens d'affaires démontre que 92,3% des répondants évaluent que les perspectives économiques en 2007 sont positives. Voilà qui vient de fermer le cercueil.
Précisons ici que les sondages n'ont aucune valeur éternelle. Ils constituent une simple photographie de l'opinion publique prise à un moment précis. Bien des choses peuvent influencer ces opinions et modifier les tendances dans un sondage suivant. Néanmoins, au début de 2007, il semble que la population ait balayé sous le tapis le climat de morosité qui sévissait il n'y a pas si longtemps. Il est juste malheureux que certains ténors cherchent régulièrement à ranimer le cadavre.
