La correction importante des prix à Vancouver, qui a pris de l’ampleur au deuxième trimestre, a suffi pour entraîner la moyenne canadienne vers le bas. Les taux hypothécaires sont demeurés relativement stables au printemps et n’ont pas influencé la direction de l’IAD.
Peu de changements des taux d’intérêt sont anticipés au fil des prochains trimestres en raison des incertitudes économiques et financières mondiales qui fragilisent la confiance des investisseurs. Il faudra toutefois surveiller dans quelle mesure le resserrement des règles hypothécaires, en vigueur depuis juillet dernier, tempérera l’activité résidentielle au cours des prochains mois.
Au Québec
L’IAD est demeuré assez stable au Québec, ce qui reflète l’évolution des prix et des taux hypothécaires au deuxième trimestre. Il faut maintenant débourser 270 823 $, en moyenne, pour faire l’acquisition d’une propriété. L’IAD se maintient légèrement en deçà de la moyenne historique. Les ventes de propriétés ont été assez fortes depuis le début de l’année et les règles plus strictes pourraient exercer un certain frein, notamment du côté des premiers acheteurs.
Dans l'ensemble de la province, l’abordabilité s’est légèrement détériorée dans trois des six régions, en raison d’une progression plus rapide des prix que la moyenne provinciale. Les plus fortes hausses trimestrielles de prix sont survenues à Québec (2%) et à Saguenay (2%). Trois-Rivières est la seule région en zone abordable, car l’IAD est supérieur à la moyenne historique. Les prix des résidences, qui se situent autour de 160 000 $, affichent l’écart le plus important avec la moyenne provinciale (270 823 $).
À l’opposé, Sherbrooke est considéré comme peu abordable d’un point de vue historique puisque l’IAD est nettement inférieur à la moyenne qui prévaut depuis une vingtaine d’années. Bien que le prix moyen des résidences (211 420 $) soit nettement inférieur à celui de la province (270 823 $), les revenus après impôts des ménages sont relativement faibles.
À Québec, l’abordabilité s’est détérioré au deuxième trimestre en raison de la progression des prix. Le prix moyen des résidences a franchi le cap des 255 000 $, ce qui se traduit par un versement hypothécaire mensuel de 1 250 $. Le marché de Québec se maintient dans la zone à surveiller puisque le niveau de l’IAD est encore légèrement inférieur à sa moyenne historique.
À Montréal, les prix moyens des résidences ont peu varié depuis le premier trimestre et avoisinent encore les 315 000 $. La progression des revenus a toutefois permis à l’IAD de s’améliorer, mais ce marché demeure dans la zone à surveiller.
Les prix à Ottawa-Gatineau ont légèrement progressé au deuxième trimestre pour atteindre près de 330 000 $. L’abordabilité s’est par conséquent détériorée et ce marché reste à surveiller.
Ailleurs au pays
Les prix des résidences ont progressé en Ontario, ce qui a affaibli l’abordabilité au 2e trimestre. Le niveau de l’IAD à 125,4 indique que le revenu disponible moyen des Ontariens excède de 25,4 % le revenu exigé par les prêteurs hypothécaires pour financer l’achat d’une résidence au prix moyen de 390 147 $. Comme ailleurs au pays, l’activité du marché résidentiel ontarien est appelée à ralentir. Même si l’achat d’une propriété est relativement abordable d’un point de vue historique, la réduction de la période d’amortissement maximale de 30 à 25 ans pour les ménages qui ont une faible mise de fond aura un impact.
La correction des prix amorcée depuis un an à Vancouver s’est amplifiée avec un recul de 7,8% au deuxième trimestre. Le prix moyen d’une résidence à Vancouver a fléchi de 60 000 $ en l’espace d’un trimestre pour atteindre 713 649 $. Avec un versement mensuel moyen de près de 3 500 $ pour une hypothèque, ce marché de la côte Ouest demeure peu abordable, et ce, même si le revenu moyen après impôts des ménages avoisine 80 000 $.
À Calgary, les prix ont repris leur progression après être demeurés stables pendant un an. Le paiement hypothécaire moyen d’environ 2 000 $ par mois, qui s’accompagne d’un revenu moyen disponible de plus de 110 000 $ par ménage, permet presque à l’IAD d’atteindre la zone abordable.
(Source : Desjardins Études économiques)