«L’importante activité qui caractérise le marché du neuf s’explique par les conditions tendues du marché locatif et la bonne performance du marché du travail», explique Élisabeth Koulouris, analyste principale de marché à la SCHL pour la région de Québec.
Elle ajoute qu'il y a aussi d'autres facteurs qui entrent en compte. «Notamment, souligne-t-elle, la faiblesse des taux d'intérêt qui favorise l'accès à la propriété et l'abondance de maisons existantes sur le marché de la revente combinée à la pénurie de terrains au centre-ville, qui amènent les promoteurs immobiliers à privilégier les projets multirésidentiels.»
La tendance au délaissement des maisons individuelles au profit des jumelés, des maison en rangée et des copropriétés se poursuit. L'analyste de la SCHL remarque que le secteur du condo demeure très actif en 2012. Déjà, la région de Québec avait atteint un sommet en cette matière en 2011. On devrait s'en approcher cette année. Les logements locatifs aussi reprennent du poil de la bête, après avoir été quelque peu boudés l'an passé.
Activité importante
Mme Koulouris précise qu'étend donné que les mises en chantier d’habitations sont surtout soutenues par le segment des logements collectifs, où l’activité peut varier beaucoup d’un mois à l’autre, il pourrait être trompeur d’analyser uniquement les données désaisonnalisées annualisées (DDA).
Ainsi, en données réelles, l’activité a été plus importante en août par rapport à pareil mois l’an dernier dans la région de la Capitale. Au total, 387 mises en chantier ont été dénombrées en août 2012, comparativement à 200 en 2011.
Porté par le dynamisme de la construction de logements locatifs et par celui des logements en copropriété, le cumul des mises en chantier a progressé de 18 % cette année (4 174), par rapport au résultat des huit premiers mois de 2011 (3 552). La construction de logements en propriété absolue s’est, pour sa part, repliée de 18 %.
Stabilité au Québec
La tendance des mises en chantier d’habitations dans les centres urbains du Québec se chiffrait à 42 600 en août. Selon la SCHL, il s'agit d'une indication qui reflète un niveau d'activité plutôt neutre dans la province.
«Le rythme de la construction résidentielle demeure stable dans le segment des maisons individuelles. Du côté des logements collectifs nous avons observé un ralentissement de la cadence au mois dernier. Nous sommes toujours d’avis que le rythme des mises en chantier d’appartements sera moins rapide au dernier trimestre de cette année», affirme Kevin Hughes, économiste principal à la SCHL pour le Québec.
Emballement national
Desjardins Études économiques rapporte que les mises en chantier ont augmenté à 224 900 habitations au pays en août (base annualisée), comparativement à 208 000 nouveaux logements en juillet. «Le haut niveau des mises en chantier au plan national, qui devrait normalement être accueilli favorablement, sème plutôt le doute sur la capacité du secteur résidentiel à effectuer un atterrissage en douceur. Dans l'immédiat, il s'agit toutefois d'une bonne nouvelle pour la croissance du PIB réel qui sera de nouveau soutenue par la construction résidentielle au troisième trimestre», observent les économistes de Desjardins.
